Le groupe Placebo dénonce à Rabat la pénalisation de l'homosexualité au Maroc

CONCERT Au Maroc, l'article 489 du code pénal stipule que l'homosexualité est passible d'une peine de trois ans d'emprisonnement...

20 Minutes avec AFP

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Brian Molko, chanteur de Placebo, le 2 juin 2015, à Rabat. Lancer le diaporama
Brian Molko, chanteur de Placebo, le 2 juin 2015, à Rabat. — ADEL SENNA / AFP

Le groupe britannique Placebo a apporté mardi soir un soutien remarqué à la cause homosexuelle au Maroc, un de ses membres arborant lors d'un concert à Rabat une guitare arc-en-ciel et un 489 barré, en référence à l'article du code pénal criminalisant l'homosexualité. Placebo s'est produit devant plusieurs dizaines de milliers de spectateurs lors du festival musical Mawazine, qui se déroule jusqu'à samedi dans la capitale marocaine.

La guitare arc-en-ciel de Stefan Olsdal

Durant le concert, son bassiste et guitariste, Stefan Olsdal, a fait sensation en arborant une guitare arc-en-ciel puis en apparaissant, au moment du rappel, avec le chiffre «489» barré sur la poitrine, ont rapporté plusieurs médias électroniques. Au Maroc, l'article 489 du code pénal stipule que l'homosexualité est passible d'une peine de trois ans d'emprisonnement.

 

Cet engagement a été très commenté sur les réseaux sociaux, et le guitariste a lui-même évoqué son action sur sa page Facebook: «l'article 489 condamne l'homosexualité au Maroc. Débarrassons-nous de lui ! Tout mon amour et mon soutien pour ceux qui doivent se battre pour leur droit à aimer», a notamment écrit Stefan Olsdal, qui a fait son coming-out en 1996.

Deux Femen françaises: «In gay we trust»

Quelques heures plus tôt, deux militantes françaises des Femen avaient elles aussi soulevé la question de la pénalisation de l'homosexualité, en posant brièvement seins nus et en s'embrassant devant un des principaux monuments de la ville. «In gay we trust», pouvait-on lire sur le corps des deux Femen.

Arrêtées à l'aéroport de Rabat après ce geste, elles ont été expulsées vers la France, avec «interdiction d'accéder au territoire» marocain. Les autorités marocaines ont dénoncé un «acte de provocation», «sur un lieu de culte», et «une offense inacceptable pour l'ensemble de la société marocaine».