Preview BD: Découvrez 10 planches de «R.I.P, Ric», ou la renaissance de Ric Hochet

BD Les éditions du Lombard et « 20 Minutes » ont le plaisir de vous présenter le retour d’un des plus grands héros de la BD franco-belge…

Olivier Mimran

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Ric Hochet nouvelle version (extrait)
Ric Hochet nouvelle version (extrait) — Zidrou, S. Van Liemt & éd. Le Lombard 2015

Avec plus de 15 millions d’exemplaires vendus en 60 ans de carrière, la série Ric Hochet faisait figure de véritable phénomène éditorial… Jusqu’à la disparition d’un de ses créateurs, le dessinateur Tibet, en 2010. Après avoir déjoué une kyrielle de complots, bataillé contre une pléthore d’ennemis et survécu à mille dangers, l’increvable journaliste -et détective à ses heures- semblait finalement vaincu… Et bien non! Le revoilà, plus combatif que jamais, réanimé par les pinceaux de Simon Van Liemt et la plume de l’expérimenté Zidrou. Ce scénariste phare a expliqué à 20 Minutes comment et pourquoi il a accepté d’en reprendre le flambeau. Retrouvez-le à la suite de la preview ci-dessous. Bonne lecture!

Résumé: En rentrant un soir chez lui, Ric Hochet est surpris par un homme embusqué qui l'abat sans sommation. Cet homme, c'est le Caméléon. Il vient de consacrer les deux années qui ont suivi son évasion à se métamorphoser en Ric Hochet : chirurgie esthétique, sport intensif, entraînement à la conduite,... Le lendemain, c'est à un Ric Hochet aux réactions très surprenantes qu'auront affaire Bourdon, Nadine... Mais aussi les criminels.

Une carrière exemplaire

Apparu pour la première fois dans les pages du journal Tintin en 1955, Ric Hochet n’était à l’origine qu’un pré-adolescent vendeur du quotidien La Rafale. Mais ses créateurs, le scénariste belge Paul-André Duchâteau (aujourd’hui à la retraite) et le dessinateur marseillais Tibet (disparu en 2010) avaient d’autres ambitions pour leur héros: après quelques enquêtes rondement menées, le voilà bombardé chroniqueur judiciaire-vedette pour ce-même Rafale. Un chroniqueur «à l’ancienne», toutefois, qui investit le terrain. Résultat, le voilà mêlé à des tas de sales affaires… d'où il ressort toujours victorieux! Du polar classique à l’anticipation, en passant même par le fantastique, Ric Hochet est devenu, au gré d’une myriade d’aventures, le symbole du risque-tout droit dans ses mocassins, et à qui tout réussi.

Passage de témoin

Mais si Hochet montre une éternelle jeunesse, il n’en est pas de même pour ses auteurs. Au décès de Tibet, la série s’interrompt naturellement après 79 albums (c’est énorme)… jusqu’à ce que les éditions du Lombard, qui en détiennent historiquement les droits, décident d’un «reboot» de leurs personnages cultes. Ric Hochet est donc confié à l’immense -par le talent- Zidrou, scénariste multi-récompensé et hyper productif (L’élève Ducobu, La Mondaine, Folies Bergères, Chlorophylle etc). Celui qui n’avait que 7 ans lorsqu’il a découvert le héros de Duchâteau et Tibet aurait-il imaginé un jour en reprendre, quarante ans plus tard, les rennes? Probablement pas. Mais il a immédiatement relevé le défi car «qui n'accepterait pas de pouvoir jouer avec le train électrique de son grand-frère?», déclare-t-il à 20 Minutes.

Un ton plus moderne

Comme Zidrou est «un auteur de son temps», Ric Hochet -c’était d’ailleurs la volonté de l’éditeur- s’en trouve «modernisé», même s’il évolue toujours dans les années 1960/70. Dans R.I.P, Ric, le premier volume de ses «Nouvelles enquêtes», le journaliste apparaît un brin moins naïf, plus direct et près à bousculer certains principes si le danger l’exige. Et ses ennemis semblent plus cruels, à l’image du Caméléon qui exécute froidement plusieurs personnes (ce qui aurait été impensable il y a quarante ans). Par voie de conséquence, le récit est plus sombre, plus retors, plus coquin (il contient quelques scènes assez "chaudes") et peut-être plus… «malsain» que ceux dont il s’inspire. «Cela m'est venu tout naturellement», concède Zidrou. «Je dois être moi-même retors, coquin et malsain. Je ne vois pas d'autres explications» (rires).

Renaissances en série

Le résultat est à la hauteur des talents conjugués de Zidrou et de Van Liemt (dont le trait nerveux imprime une dynamique folle au récit): Ric Hochet, âge oblige, reste un peu kitsch -qui oserait porter un col roulé acrylique de nos jours?- mais s’exprime désormais au sein d’un univers plus vif, au rythme presque cinématographique. C’est l’exemple parfait de ce qu’on appelle «faire du neuf avec du vieux», et c’est à mettre au crédit des éditions du Lombard, qui aspirent à relancer leurs «ancêtres» (après Chlorophylle, Ric Hochet, ce sera bientôt le tour de Bob Morane, Corentin puis Clifton). «Il est logique que les éditeurs essaient de faire vivre leurs "marques", et par-là, leur histoire propre , leur catalogue» approuve Zidrou. «Et le fait que le lectorat BD ait de plus en plus le poil gris, comme moi, n'y est peut-être pas étranger non plus.»

Ce duo gagnant est-il parti pour battre le record de ses illustres prédécesseurs? S’il a signé pour tois albums, Zidrou plaisante en affirmant qu’il en écrira 80, «histoire d’effectivement dépasser nos maîtres». Des maîtres qui seraient, sans nul doute, fiers de voir leur «fiston de papier» en d’aussi bonnes mains. Et désormais, grace à sa renaissance, qui comblera fans de la première heure et nouveaux lecteurs, paré d’un avenir des plus radieux.

«R.I.P, Ric» Les nouvelles enquêtes de Ric Hochet t01, de Zidrou & Simon Van Liemt - éd. Le Lombard, 12 euros