Concert annulé de Grand Corps Malade: Le directeur des affaires culturelles répond

REACTIONS Tayeb Belmihoub craint que «cette triste aventure» n'affecte durablement leurs relations... 

Do.Ba.
— 
Grand Corps Malade, en concert à Saint-Ouen, le 14 juin 2014.
Grand Corps Malade, en concert à Saint-Ouen, le 14 juin 2014. — SADAKA EDMOND/SIPA

Le directeur des affaires culturelles du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) Tayeb Belmihoub, vient à la rescousse du maire de la ville. Accusé par Grand Corps Malade de le censurer après l’annulation d’un concert au Théâtre 9 au Blanc-Mesnil, il s’est exprimé dans une lettre ouverte publiée sur le site du JDD.

L’annulation du concert a suscité l’émoi et le soutien de personnalités comme la ministre de la Culture Fleur Pellerin, Thierry Solère député UMP des Hauts-de-Seine ou encore Edwy Plenel. Un rassemblement sera même organisé dès 19h par les soutiens du slameur, relate Le Parisien. La faute de Grand Corps Malade ? Vouloir partager la scène avec Rachid Taxi.

« On va le déchirer ton maire »

Cet artiste est décrit par le directeur des affaires culturelles comme « un opposant notoire de la municipalité, [qui] envisage de mettre à profit sa participation pour dénigrer publiquement le maire et sa politique, sur la scène du théâtre municipal ».

Il écrit ce que lui a répondu Grand Corps Malade : « La scène m’appartient pendant 2 heures. Je fais venir sur scène qui je veux et cette personne peut dire ce que bon lui semble sinon je ne jouerai pas, sinon, on va le déchirer ton maire. On va alerter tous les médias et nos réseaux en Seine St Denis….» 

Les affres de la célébrité ?

L’homme met la réaction de Grand Corps Malade sur le compte de la célébrité. « Ce qui me désole, c’est de constater que le jeune homme que j’ai connu et qui doutait de son talent, est passé de l’humilité au péremptoire, du consensus au rigide, du meilleur de l’Orient au pire de l’Occident », dit-il.

« Je sais le pouvoir destructeur de la notoriété. Je sais tout ça. Pourtant, j’ai eu la naïveté de croire que Grand Corps Malade était, par sa souffrance et sa conscience, à l’abri de ces illusions », écrit Tayeb Belmihoub qui l’alerte : « Je t’écris parce que je crains que notre relation ne soit durablement affectée par cette triste aventure. » Grand Corps Malade n’a pas répondu.