Preview BD. Découvrez 12 planches du «L’étrange vie de Nobody Owens» de Neil Gaiman

BD Les éditions Delcourt et «20 Minutes» ont le plaisir de vous présenter l’adaptation graphique d’une saga gothique par l’auteur de Sandman…

Olivier Mimran

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«L'étrange vie de Nobody Owens» (extrait)
«L'étrange vie de Nobody Owens» (extrait) — N. Gaiman, P. C. Russell, Collectif & éd. Delcourt 2015

Si l’on tient Neil Gaiman pour l’un des auteurs les plus brillants de ces dernières décennies, c’est qu’il excelle dans tous les domaines qu’il explore: du comic (Sandman, The eternals) au roman jeunesse (Coraline, Odd et les géants de glace), en passant par le fantastique (Neverwhere, American Gods) ou les séries télé et le cinéma (Stardust, Beowulf), tout ce que touche ce midas du traitement de texte fait un carton! L’un de ses plus grands succès fait aujourd’hui l’objet d’une adaptation en BD, dont 20 Minutes vous propose ici une preview et à la suite de laquelle vous est proposé un éclairage sur l’univers de ce génial créateur. Bonne lecture!

Résumé: Nobody Owens serait un enfant normal s'il n’était pas élevé par des fantômes, au beau milieu d’un cimetière dont le gardien n'appartient ni au monde des vivants, ni à celui des morts. De nombreuses aventures attendent le petit garçon: il  provoque une créature indigo, traverse d’un portail menant à une cité envahie par des goules, et rencontre l'étrange et inquiétant Sleer. Mais ce que Nobody ignore, c’est qu’à l'extérieur, le Jack ne rêve que de le tuer…

Vampires, revenants, loups-garou... Si beaucoup n'exploitent la veine des créatures surnaturelles que pour s’inscrire dans un courant, l'anglais Neil Gaiman -aujourd’hui âgé de 55 ans- le fait de manière plus sincère puisque c’est l’univers dans lequel il baigne depuis l’enfance. Rien de surprenant à ce qu’il revienne à ses premières amours dans Nobody Owens. «Mais l’exploitation de ces figures fantastiques n’explique pas à elle seule l’excellence du livre», souligne Thierry Mornet, directeur des publications comics aux éditions Delcourt. «Ce sont le talent de Gaiman et l’angle qu’il utilise pour mettre en avant ses personnages, sa capacité à générer de l’émotion, qui sont prépondérants».

La valse des sentiments

Une affirmation criante à la lecture de ce premier volume, durant laquelle, on passe vite de l’angoisse à la rêverie. Il faut dire que cette ambitieuse saga confronte d’entrée l’innocence (Nobody Owens apparaît d’abord en tant que nourrisson) et la plus vile des cruautés (sa famille entière est égorgée en une nuit)… et ne cesse, ensuite, d’exploiter cette opposition: au gré des années, le jeune héros sera menacé par toutes sortes de malfaisants.

D'illustres influences

En cela, l’auteur britannique apparait comme l'héritier de Charles Dickens ou Rudyard Kipling (Le livre s’intitule d’ailleurs en version originale «The Graveyard book», soit Le livre du cimetière, hommage évident au Livre de la jungle de Kipling). «Il est possible de voir en Neil Gaiman un successeur des Dickens ou Kipling, mais aussi de Lovecraft et de Poe ou encore de Ray Bradbury», concède Thierry Mornet. Avant de nuancer: «Il a toutefois su inventer un style qui lui est propre à travers les ambiances développées dans ses récits».

Adaptation collective

Si Gaiman maîtrise parfaitement l’écriture de scénarios BD, il n’est pas directement intervenu sur celui-ci puisque c’est le dessinateur P. Craig Russell qui en a coordonné l’adaptation graphique (comme il l'avait fait pour Coraline, Murder mysteries et Sandman). Russell signe d’ailleurs le premier des huit chapitres du volume, les autres étant réalisés par des collaborateurs. «C’est justifié par l’ampleur du travail qui aurait représenté un travail collossal pour un seul dessinateur», précise Thierry Mornet. «Le découpage en chapitres distincts s’accomodant parfaitement des changements d’ambiances».

Du roman à la BD, de la BD au cinéma

La bande dessinée récoltera-t-elle le même succès que le roman dont elle s’inspire (il a reçu, entre autres, la Médaille Newbery de la fiction jeunesse 2009, le Prix Hugo 2009, le Prix Locus du meilleur livre pour jeunes adultes 2009, la Médaille Carnegie de la fiction jeunesse 2010 etc)? Gageons que oui, tant sa richesse créative n’a que peu d’équivalent.
Le cinéma - flaire d’ailleurs un potentiel succès mondial puisqu’après le roman puis son adaptation en BD, l’univers de Nobody Owens pourrait bientôt envahir le grand écran. À suivre…

«L’étrange histoire de Nobody Owens» t01, de Neil Gaiman, P. Craig Russell et Collectif - éd. Delcourt, 19,99 euros