Prince a donné un «concert pour la paix» à Baltimore

MUSIQUE Le chanteur de 57 ans s'est produit dimanche soir à Baltimore, secouée par de récentes émeutes et manifestations contre les violences policières...

20 Minutes avec AFP

— 

Un fan de Prince montre son tatouage du musicien, le 10 mai 2015, à Baltimore.
Un fan de Prince montre son tatouage du musicien, le 10 mai 2015, à Baltimore. — Jerry Jackson/AP/SIPA

Pour une soirée dimanche, le chanteur américain Prince a endossé les habits de guérisseur, débarquant avec sa bande pour un «concert pour la paix» à Baltimore, secouée par de récentes émeutes et manifestations contre les violences policières. Les incidents avaient suivi la mort de Freddie Gray, un Noir de 25 ans mort le 19 avril dans des circonstances non élucidées après son interpellation par la police. Un couvre-feu, levé il y a une semaine, avait été imposé pendant cinq jours pour ramener le calme.

Un titre écrit en hommage à Baltimore

«Pas de couvre-feu»: ce fut le refrain de Prince dimanche, des mots lâchés après chacun des rappels par les milliers de spectateurs qui avaient réussi à obtenir un billet. Le concert s'est tenu dans l'arène sportive et salle de concert Royal Farms Arena, à quelques kilomètres de l'épicentre des violences urbaines de fin avril. Pour la première fois Prince, 57 ans, a chanté sur scène Baltimore, nouveau titre écrit en l'honneur de la ville, où il évoque Freddie Gray et un jeune Noir tué par la police l'an dernier dans le Missouri, Michael Brown.

L'artiste a même invité sur scène, brièvement, la jeune procureure de Baltimore, Marilyn Mosby, qui a inculpé six policiers impliqués dans la mort de Freddie Gray. Acclamée, elle n'a pas parlé, laissant ce soin à Prince. «Sans justice, il ne peut y avoir de paix», a chanté l'artiste. Le concert s'est poursuivi pendant deux heures et demie, mélange de grands classiques dont Purple Rain, d'improvisations électriques et funk, et d'un interlude semi-politique de quelques minutes, près de la fin du spectacle. 

Interdiction de sortir son téléphone portable

«Le système est cassé, nous avons besoin des jeunes pour le réparer», a dit le chanteur. «Nous avons besoin de nouvelles idées». «Je veux dormir dans un hôtel détenu par l'un de vous», a-t-il encore dit, appelant les habitants à prendre le contrôle de l'économie locale. Dans la salle, beaucoup avaient suivi sa consigne et étaient habillés de gris, en mémoire de Freddie Gray. La seule ombre au tableau n'est pas venue de la police mais des vigiles de la salle, particulièrement féroces pour appliquer l'interdiction absolue d'utilisation des téléphones portables.

Le militantisme, une nouveauté pour Prince

L'activisme politique est nouveau pour Prince, qui depuis ses succès planétaires des années 1980 s'est fait d'abord connaître pour sa musique et sa réputation d'excentrique, comme lorsqu'il a changé de nom pour un symbole imprononçable, en raison d'un conflit avec sa maison de disques, Warner, récemment résolu. Il s'était fait remarquer en février à la cérémonie des Grammy Awards, en reprenant le mot d'ordre «les vies noires comptent», scandé dans les manifestations anti-police dans tous les Etats-Unis.