Le pianiste jazz Keith Jarrett sort deux albums pour ses 70 ans

MUSIQUE  Le premier disque montre la face classique du musicien, le second son don pour l'improvisation...

20 Minutes avec AFP

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Keith Jarrett, le 16 juillet 2011, à Antibes-Juan-les-Pins.
Keith Jarrett, le 16 juillet 2011, à Antibes-Juan-les-Pins. — BEBERT BRUNO/SIPA

Pour fêter les 70 ans du célèbre musicien, vendredi, la maison de disques ECM publie deux albums de Keith Jarrett, son artiste fétiche, l'un des plus grands pianistes de l'histoire du jazz: l'un montre la face classique du personnage, le second son don pour l'improvisation.

«Creation», un recueil d'improvisations sur scène

Ces deux disques viennent grossir encore l'énorme discographie du célèbre pianiste, qui compte désormais plus de quatre-vingt références chez ECM, entre albums studio, live et rééditions. Le premier témoigne de deux concerts de 1984 et 1985, avec orchestres symphoniques, où Keith Jarrett interprète deux concertos, l'un de Samuel Barber, l'autre de Béla Bartok, et un poignant Nothing but the truth en rappel.

Le second, Creation, est un recueil d'improvisations que Keith Jarrett est allé soigneusement piocher dans les enregistrements de six concerts de sa dernière tournée mondiale en 2014. Creation est une suite de pièces qui s'articulent pour former une suite. Keith Jarret livre ici la quintessence de son art: complexité harmonique, sans jamais perdre le fil de la mélodie, éloge de la lenteur et du silence. 

Agacé par la toux d'un spectateur, il quitte la scène

Parmi les pièces qu'il a retenues, figure une improvisation du concert du 4 juillet dernier à la Salle Pleyel à Paris. Ce soir-là, courroucé par la toux d'un spectateur, Keith Jarrett, aussi génial que d'une exigence folle et parfois caractériel, avait cessé de jouer en plein milieu d'un morceau et quitté la scène, provoquant la colère d'une partie du public.

A l'occasion des 70 ans de ce monstre sacré, Jazz Magazine lui consacre dans son numéro de mai un dossier de trente pages. Dans une interview exclusive au mensuel, Keith Jarrett fait une annonce importante: la fin du Standard Trio, l'un des plus célèbres trios de l'histoire du jazz, qu'il formait depuis 1983 avec le contrebassiste Gary Peacock et le batteur Jack DeJohnette. Au sein de cette formation, le pianiste originaire de Pennsylvanie se consacrait essentiellement à la relecture de standards du jazz.

Pianiste prodige, Keith Jarrett a révolutionné l'art du jazz contemporain dès le début des années 1970. En multipliant les performance en soliste et en ne se produisant que dans des salles prestigieuses, ce qui était tout à fait inhabituel à l'époque.