Mort de Claude Durand, figure de l'édition française et ex-patron de Fayard

LITTERATURE L'éditeur a fait découvrir au public français Gabriel Garcia Marquez et édité Alexandre Soljenitsyne et Michel Houellebecq...

20 Minutes avec AFP

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Claude Durand, en 2005, à Paris.
Claude Durand, en 2005, à Paris. — BERTRAND GUAY / AFP

L'écrivain et grande figure de l'édition française Claude Durand, surnommé «l'empereur Claude», est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 76 ans, ont annoncé les éditions Fayard, maison dont il avait été le PDG pendant près de 30 ans.

L'éditeur, qui a notamment fait découvrir au public français Gabriel Garcia Marquez et édité Alexandre Soljenitsyne et Michel Houellebecq, avait quitté la présidence de Fayard en avril 2009. Il est décédé à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, selon Fayard, qui a fait part de son « immense tristesse » dans un court texte transmis à l'AFP.

Une traduction de «Cent ans de solitude»

Né le 9 novembre 1938 à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), Claude Durand était à la fois éditeur de renom, dénicheur de talents, traducteur de l'anglais et de l'espagnol et lui-même écrivain. Il avait reçu le prix Médicis en 1979 pour son roman La nuit zoologique.

C'est lui qui fera connaître aux lecteurs français l'écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez en 1967, avec Cent ans de solitude, dont il réalise une traduction avec son épouse, avant même la parution du livre en espagnol pour les éditions du Seuil.

Il règne chez Fayard pendant trente ans

Puis ce sera le coup de tonnerre du colossal ouvrage L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne, expulsé d'URSS, dont Claude Durand supervise la traduction française au Seuil en 1974. Il devient l'agent et le complice de l'écrivain russe jusqu'à sa mort en 2008.

Après un bref passage chez Grasset, il rejoint en 1980 les éditions Fayard où il va régner pendant quasiment 30 ans, alternant coups médiatiques (enquêtes de Pierre Péan sur le passé de François Mitterrand, sur le journal Le Monde...) et oeuvres littéraires de longue haleine (Kadaré, Debord...) mais aussi livres de stars et de personnalités politiques de tous bord. En 2005, il arrache aussi à prix d'or Michel Houellebecq à Flammarion.

En novembre 2013, «L'empereur Claude» avait postulé à l'Académie française mais n'avait pas été retenu.