«La Fille du train»: Quatre raisons de lire ce thriller diaboliquement paranoïaque

POLAR Vendu à 2,3 millions d’exemplaires dans le monde, ce premier roman haletant suit les pas d'une jeune femme borderline qui cherche à percer le mystère d'une disparition...

Joel Metreau

— 

Paula Hawkins, auteur de La Fille du train.
Paula Hawkins, auteur de La Fille du train. — Kate Neil

Difficile de lâcher ce livre une fois sa lecture entamée. Ce premier roman de la Britannique Paula Hawkins, une admiratrice d’Agatha Christie et de Dona Tartt, entraîne ses lecteurs sur des rails tortueux jusqu'à un dénouement imprévisible. Car La Fille du train (Sonatine, 21€), à qui ce thriller psychologique doit son titre, n’est pas de celle à qui l’on peut aisément faire confiance. Ecoulé à 2,3 millions d’exemplaires dans le monde, le roman a vu ses droits d'adaptation au cinéma achetés par le studio américain Dreamworks.

Une héroïne borderline

La Fille du train s'appelle Rachel. Depuis un mariage raté suivi d'un divorce, elle habite en coloc avec sa copine Cathy, dans la même ville que son ex. Pire: elle vient d'être virée de son travail après un repas trop arrosé avec un client. Elle continue pourtant de se rendre en train de sa morne banlieue pavillonnaire à Londres à 8h04 chaque matin pour tromper son ennui et mentir sur sa situation. Son occupation principale: regarder les gens, leur inventer des existences, quitte à flirter avec le voyeurisme. Rachel est un personnage borderline, mais terriblement attachant dans sa vulnérabilité.

Un alcolisme retors

Rares sont les romans où l’alcoolisme est aussi bien dépeint. En plus du mystère auquel Rachel va être confrontée, la tension augmente au fur et à mesure qu'elle entretient une relation délicate avec cette dépendance. Pourtant, Rachel réussit à conserver les apparences et un semblant de vie normale. Si seulement sa consommation d’alcool ne l’amenait pas à être sujet à des «black-out », ces trous noirs qui meurtrissent la mémoire.  

Une construction pleine de suspense

La Fille du train mélange les voix de trois narratrices différentes, dont les points de vue apportent un éclairage différent sur les mêmes scènes. Il y a Megan, une femme au foyer, Anna, la nouvelle compagne de l’ex de Rachel, et cette dernière. Ce trio de voix entraîne une progressive montée du suspense. Qui dit vrai? Qui dit faux? L’alcoolique est-elle la moins fiable ou la plus clairvoyante? Ce qui est certain, c’est qu’une femme va disparaître et que Rachel va tenter de comprendre pourquoi.

Des couples biens sous tous rapports

Ce n’est pas un hasard si ce roman a été comparé au Gone Girl de Gillian Flynn, adapté au cinéma par David Fincher. Mais comme le souligne Paula Hawkins dans une interview, les points communs ne sont pas si nombreux: «Gone Girl évoque la désintégration du mariage alors que dans La Fille du train, on est bien au-delà: le mariage de Rachel appartient au passé, elle n’a pas de travail, elle a tout perdu. Et le plus important, elle a perdu le contrôle – Alors que l’héroïne de Flynn est aux commandes.» Et en perdant le contrôle de sa vie, Rachel pourrait bien emmener ceux qu'elle croise dans sa chute.