« Persepolis » lève les voiles de l'Iran

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« Mon devoir, c'est de sourire et de faire rire aussi, parce qu'il n'y a pas d'arme plus subversive que le rire » expliquait hier Marjane Satrapi. Quelques heures auparavant, Persepolis suscitait un embryon de polémique. Par la voix d'une fondation qui dépend du ministre de la culture iranien, Téhéran a protesté contre la présence du film à Cannes, avant que le Quai d'Orsay ne réponde que le film avait été sélectionné « par les responsables d'un festival, qui ne sont évidemment pas sous l'autorité du gouvernement français » et qu'il n'y avait donc « absolument rien de politique dans ce choix ».

Marjane Satrapi préféra de son côté insister sur l'aspect universel d'une oeuvre qui, certes relate sa vie, mais en utilisant les ressorts de la fiction. « Notre travail s'intéresse à la vérité, il ne cherche pas forcément à refléter la réalité. Ça, c'est plutôt le vôtre... » Tout juste a-t-elle concédé nourrir de « la nostalgie » envers son pays natal dans lequel elle « ne retourne pas » parce que « ce n'est pas un état de droit. » Persepolis a beau être traduit en vingt langues, cette oeuvre qui tente d'aller « à l'encontre des clichés sur les Iraniens » n'est jamais parue en Iran, pays où la censure sévit contre tout ouvrage jugé contraire aux valeurs de la Révolution islamique. Le Goût de la cerise, d'Abbas Kiarostami, en avait fait les frais, débarquant à Cannes in extremis, parce que les autorités iraniennes refusaient son visa de sortie à la future Palme d'or 1997.

voix Catherine Deneuve « compte bien reprendre le rôle en anglais » de la mère de Marjane, tandis que Gena Rowlands doublera la grand-mère, interprétée par Danielle Darrieux dans la version française.