Preview BD: Découvrez 10 planches du «Caravage», le nouveau Manara

BD Les éditions Glénat et «20 Minutes» ont le plaisir de vous présenter la biographie dessinée d’un des plus grands peintres italiens par l’un des plus grands auteurs de bande dessinée italiens…

Olivier Mimran
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«Le Caravage» (extrait)
«Le Caravage» (extrait) — Milo MANARA & éditions Glénat 2015

«Il maestro» Milo Manara avait confié aux lecteurs de 20 Minutes qu’il présenterait le premier volume de son diptyque consacré au Caravage à l’occasion du festival d’Angoulême 2015. Promesse tenue… à trois mois près! Un (petit) retard dont on ne saurait lui tenir rigueur, tant la tâche s’annonçait conséquente. Car en dépit du fait qu’il est mort à seulement 38 ans, la vie du Caravage fut constellée d’événements dignes d’un héros de littérature. 20 Minutes vous en livre les détails à la suite de la preview ci-dessous. Bonne lecture!

RésuméAutomne 1592. Michelangelo Mersi da Caravaggio -dit «Le Caravage»- débarque à Rome, toiles et pinceaux sous le bras. Il puise son inspiration dans l’âme de la cité éternelle, entre grandeur et décadence, et auprès des personnages hauts en couleur qu’il y rencontre. Rapidement admiré pour son talent, il sera toutefois souvent critiqué pour ses partis pris artistiques, notamment sur ses sujets religieux – il prendra ainsi pour modèle de sa Mort de la Vierge une prostituée. Une réputation aggravée par le penchant du peintre pour la violence et sa participation à de fréquentes et vives échauffourées...

Naturellement romanesque

Alexandre Dumas ou Théophile Gautier n’auraient probalement eu aucun mal à faire du Caravage le héros d’un de leurs romans de cape et d’épée, tant ce peintre du 17e siècle s’est rendu (presque) aussi célèbre pour son maniement des pinceaux que pour celui de la rapière. À défaut, c’est l’auteur de BD italien Milo Manara qui retrace le brillant – mais sulfureux — destin de son compatriote. C’est une demi-surprise, car si ce grand admirateur d’Hugo Pratt s’adonnait bien, ces dernières années, à la BD historique avec Les Borgia, il est surtout célèbre, depuis trois décennies, pour des récits érotiques tels Le déclic, Le parfum de l’invisible etc.

Mais à 69 ans, Manara semble vouloir «recadrer» sa carrière. Et en bon patriote, il se consacre, après les Borgia, à l’un des plus grands peintres que l’Italie ait enfantés. Et certainement le plus romanesque. Il Maestro déclare ainsi que «la vie du Caravage, aventureuse, picaresque, se prête merveilleusement à un récit de BD: son caractère impétueux, rebelle, son aversion pour l’autorité l’ont souvent conduit en prison; il a beaucoup été censuré, un de ses chefs-d’œuvre ayant même été condamné au bûcher; il a fait preuve d’une audace transgressive dans la représentation de certains nus; il s’est toujours tenu aux côtés du peuple, des humbles, des scélérats, des spadassins, même s’il était courtisé par les plus éminents cardinaux… tous ces éléments font de lui un personnage passionnant».

De la gloire...

Le captivant premier volume fait donc naturellement la part belle aux premières années «professionnelles» du Caravage, qui fut l’un des rares artistes de l’époque à avoir connu la gloire de son vivant. Il faut rappeler que cet ancien élève d’un disciple du Titien «s’est très tôt imposé comme un maître de la lumière (et des ombres), un naturaliste à la tête d’une œuvre gigantesque et qui a eu une énorme influence sur l’histoire de la peinture», selon Milo Manara.

... à la déchéance

Mais Le Caravage, c’est aussi «un tempérament impétueux, hédoniste et bagarreur» qui lui vaut de nombreuses condamnations. Après avoir tué un adversaire en duel, le peintre, au fait de sa gloire, devra même fuir Rome et passer le reste de sa courte vie en exil. Peintre d’exception et éternel castagneur, Le Caravage était un peu le Docteur Jekyll et Mister Hyde de la fin du Cinquecento.

Le grand talent de Manara est de parfaitement rendre compte de cette personnalité duelle en n’occultant ni ne surexposant aucune de ses facettes. Et si sa biographie dessinée peut parfois paraître un peu académique, elle exhale aussi un capiteux parfum d’aventure auquel il est difficile de ne pas succomber.

Le Caravage t1 «La palette et l'épée», de Milo Manara - éd. Glénat, 14,95 euros