Van Sant skate sur le polar

©2007 20 minutes

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Gus Van Sant joue avec le temps et les nerfs du spectateur. Paranoid Park, présenté à la presse lundi matin, est un film puzzle qui reconstitue l'histoire d'un jeune amateur de skate-board dont la vie est bouleversée par un incident tragique. « Tout est venu de ma fascination pour le roman de Blake Nelson, explique le cinéaste. Il plonge avec énormément d'acuité dans le quotidien des adolescents et c'est ce qui m'a fasciné. »

Le réalisateur d'Elephant et de Last Days a fait passer un énorme casting avant de sélectionner Gabriel Nevins pour le rôle principal. Son choix a été le bon : ce garçon à peine sorti de l'enfance fait montre d'une grande maturité de jeu en incarnant toutes les facettes d'un personnage torturé par un secret trop lourd pour lui. C'est petit à petit que le spectateur découvre les détails du drame au gré d'un patchwork qui mélange les textures d'image.

Les fans du style de Gus Van Sant se sentiront en terrain familier devant ce récit complexe et limpide à la fois. « J'ai essayé de retranscrire ce qui se passe dans la tête d'un ado, tout en jouant avec les codes du cinéma noir dans la façon dont je manipule la structure narrative », dit Gus Van Sant. Le réalisateur était également présent dimanche pour montrer son segment de Chacun son cinéma, film du 60e anniversaire du Festival. « J'ai choisi de tourner une scène de baiser, car rien ne me semble plus cinématographique », précise-t-il dans un sourire.