Après la sieste, ma boule à facettes

©2007 20 minutes

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Ma fatigue suit la même courbe que celle de ma batterie de portable. Après cinq jours de festival... je suis déjà à plat. Mais bonne nouvelle, le dimanche est propice aux festivités diurnes. A 13 heures, j'émerge sur la Croisette. Les badauds remplissent les trottoirs et se croient au musée Grévin : Patriiiiick Bruel fait son entrée au Martinez et déclenche une hystérie collective digne d'un Brad Pitt en goguette. Je me replie illico sur la plage du palace pour squatter le mythique ponton. Derrière moi, Andie McDowell se prélasse sur un moelleux transat. Tout le monde récupère, la deuxième semaine s'annonce longue et personne ne veut jouer le rôle de Bill Murray dans Un Jour sans fin.

A quelques encablures de là, je fais une escale à Nikki Beach. La plage tropézienne reste fidèle à son image : mauvaise house-music à fond, bimbos évadées d'un film de Russ Meyer et fils à papa gominés... Un petit tour et puis s'en va. Direction la plage du 3.14. Les frangeux du Baron aiment s'y faire dorer en échangeant les derniers cancans. La question du jour : « Avec qui est reparti Frédéric Beigbeder ce matin ? » Si le lieu est très agréable, les canapés sont recouverts de paillettes... Et après une micro-sieste, mon visage s'est transformé en boule à facettes.

Dix-sept heures tapantes, je file sur la plage MySpace en face du Noga. Je suis booké pour passer des disques pendant l'happy-hour. Hot Chip, les Klaxons et le dernier Justice font passer le champagne catalan comme une lettre à la poste. Deux heures plus tard, on coupe tout. Je sprinte sur la terrasse de l'hôtel 3.14 pour l'apéro Technikart. Tout juste arrivé, le rédac' chef me saute dessus : « Ariel Wizman vient de nous planter. Tu veux faire DJ ? Vite ! Branche tes platines ! » Comment refuser ? Le toit offre une vue à couper le souffle. A gauche les collines, à droite la mer... Et en face, une tripotée de mannequins baragouine dans un mauvais anglais. C'est reparti pour un tour ! J'achève mon set improvisé avec Lord Kossity en MC surprise. Je le fais chanter sur du crunk ultraviolent d'Atlanta. La voix du colosse résonne dans tout Cannes. Il est 22 heures et je ronfle déjà...