Amalric déploie ses ailes

©2007 20 minutes

— 

L'acteur et réalisateur est très présent à Cannes cette année ,« et des fois un peu absent, concède-t-il, à cause de la fatigue ». Mais Mathieu Amalric avoue « tenir beaucoup » aux films et aux rôles qu'il défend : notamment le metteur en scène délicieusement « odieux » d'Actrices, de Valeria Bruni-Tedeschi, à Un Certain regard, et le psychologue d'entreprise glaçant de La Question humaine, de Nicolas Klotz, à la Quinzaine des réalisateurs. Hier, il présentait encore deux courts-métrages qu'il a réalisés pour les Jeunes Talents de l'Adami, avant d'entamer aujourd'hui le gros morceau de son séjour cannois : la présentation, en compétition, du Scaphandre et le papillon (*), que l'Américain Julian Schnabel a sobrement et efficacement adapté du témoignage du journaliste Jean-Dominique Bauby.

C'est sur le tournage de Munich que Kathleen Kennedy, la productrice de Spielberg, lui a proposé le rôle de cet homme paralysé après un accident vasculaire cérébral, parfaitement lucide mais qui ne peut plus communiquer que par le battement d'une paupière. Une performance « très physique », que Mathieu Amalric a tenu avant tout à rendre crédible : « Il y avait le livre, bien sûr, mais aussi la rencontre de ses proches. On a essayé d'être juste, honnête, le moins larmoyant possible et d'éviter de faire de Bauby un saint. En même temps, je suis sûr que s'il nous voit de là-haut ce soir, il jubilera de se savoir devenu un héros de cinéma. »