L'éditeur François Maspero est mort

DISPARITION Il est mort chez lui, à l'âge de 82 ans...

Dolores Bakela

— 

François Maspero et Marguerite Duras
François Maspero et Marguerite Duras — UNIVERSAL PHOTO/SIPA

Deuil dans le monde de l'édition. François Maspero est décédé à l'âge de 83 ans à son domicile samedi 11 avril, comme l'annonce Marcel-Francis Kahn sur le blog qu'il tient sur le site Mediapart. Il a été découvert mort dans sa baignoire. L'homme de lettres avait débuté à 23 ans comme libraire dans le Quartier latin. 

Sa vie comme sa carrière ont été synonymes d'engagement politique. Ce qui le pousse à embrasser le métier d'éditeur en 1959 pour lutter contre le «caractère insoutenable des guerres coloniales» et en raison de la «désillusion face au communisme soviétique».

Une vie marquée par la déportation

Ce sont dans ces Cahiers Libres que Bernard-Henri Lévy ou encore Régis Debray font leurs débuts. On lui doit de nombreux ouvrages, revues et collections, des rééditions de textes de Rosa Luxemburg, Léon Tolstoï. Des publications, jugées subersives, créent la polémique comme Main basse sur le Cameroun de Mongo Beti en 1972. En 1982, il passe la main à son collaborateur François Gèze.

Ce dernier se retrouve aux commandes de ce qui est désormais les éditions La Découverte. Fils de déportés, François Maspero avait écrit un ouvrage autobiographique en 2002 Les abeilles et la guêpe. Son père, Henri Maspero, est décédé à Buchenwald en mars 1945. Son frère, Jean, résistant, disparaît à l'âge de 19 ans, tué dans le maquis. Seule sa mère, détenue à Ravensbrück, avait survécu.