L'enfer des Esclaves au paradis

©2007 20 minutes
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L'esclavage contemporain existe. Les coupeurs de cannes haïtiens en sont la preuve vivante et Céline Anaya Gautier en est le témoin. La photographe a passé en tout six mois en République dominicaine et explique n'être « qu'un oeil ». Révoltée par la situation de ces Haïtiens à la merci des grands propriétaires dominicains, elle se bat pour mettre en lumière leur statut d'esclaves. Les premiers clichés de son exposition, qui débute demain à l'usine Spring Court (Paris 11e), résument leurs conditions de vie, de leur arrivée clandestine jusqu'aux mutilations punitives dont ils sont souvent victimes. Des images fortes en émotion, où l'on perçoit le quotidien inhumain de la vie dans les bateys (campements).

L'exposition n'est que le début de l'événement « Esclaves au paradis », organisé par l'association Pour que l'esprit vive, qui vise à sensibiliser le public sur les questions humanitaires. Suivront ensuite un colloque, « Sang, sucre et sueur », à l'Ecole internationale supérieure de la chimie de Paris (5e) et des projections de trois documentaires au MK2 Parnasse (6e), à Paris. Pour Céline Anaya Gautier, l'heure est grave et le phénomène devrait encore s'amplifier : « Le scandale va arriver avec les biocarburants [élaborés en partie avec de la canne à sucre], puisque des milliers de Haïtiens vont mourir pour notre confort personnel ».