Jardiner en ville: Les citadins aiment cultiver leurs coins de nature sur leur balcon

JARDINAGE Les urbains français ont de plus en plus la main verte...

Joel Metreau

— 

Le jardinage, une passion française. Lancer le diaporama
Le jardinage, une passion française. — Sipa

Le petit jardin sent bon le métropolitain. Non, c’est plutôt le contraire. Car neuf Français sur dix fleurit son balcon ou sa terrasse, selon un sondage MonEden-Rustica-CCM Benchmark de mars 2015. «Une tendance lourde et longue qui remonte aux années 1990 et 2000», observe Frédéric Rochette, directeur associé de la jardinerie en ligne MonEden. Quand les parcs deviennent plus rares en ville, les balcons retrouvent des couleurs. «C’est la réponse à notre désir de retrouver une relation avec le monde végétal, explique Stéphane Marie, animateur de Silence ça pousse sur France 5. On veut le faire entrer chez soi, montrer aux enfants comment poussent haricots et tomates.»

Le thym, la ciboulette et le persil sont des aromates en vogue

Un balcon de légumes? «Pourquoi pas, car on sent un besoin de cultures vivrières en ville», note Frédéric Rochette. Avoir son potager chez soi, avec ses petits aromates, comme le thym, la ciboulette ou le persil, «c’est le plaisir de voir pousser depuis la graine ou le plan, mais aussi de les consommer après», raconte Jean-Paul Collaert, auteur de Des Jardins dans des caisses à vin (Larousse, 14,90€). C’est moins cher qu’au supermarché et le jardinier tient à battre un préjugé en brèche: la pollution urbaine ne nuit pas aux légumes. «Faire pousser des légumes en ville, ce n’est pas dangereux, insiste Jean-Paul Collaert. Les particules dans l’air ne sont pas toxiques pour les plantes.»

Des fleurs à la fenêtre. - Sipa

Des teintes moins flashys

Le persil, c’est branché. Le géranium, c’est ringard. Pour la collection 2015-2016, Fabienne du site My Little Jardin note un engouement particulier pour le dipladenia: «Cette plante n’est pas très exigeante, il n’y a pas besoin de beaucoup d’arrosage, son seul défaut, c’est qu’on ne peut pas la laisser dehors lorsqu’il gèle.» Les teintes aussi suivent la mode. «Ces dernières années, on a eu beaucoup de couleurs flashy, comme le vert anis, pointe Fabienne. Là, on revient vers des teintes plus douces, comme le bleu et le vert tendre.»

Jardiner en ville: Cinq conseils pour réussir son petit espace vert

Une intimité retrouvée

Balcons et terrasses sont un bon moyen d’agrandir l’espace, d’élargir l’horizon. Et pour meubler ce qui tend à devenir une pièce à part entière, les éléments de décoration et les pots ne manquent pas, le marché est même florissant. «Les plantes peuvent aussi contribuer à renforcer l’intimité, nuance pourtant Pascal Laforge, coach jardin et créateur de jardins pour l’enseigne Truffaut. Les particuliers privilégient les plantes persistantes qui gardent leur feuillage afin de diminuer le vis-à-vis.» Aussi voit-on une prédilection pour les bambous et pour certaines plantes grimpantes qui peuvent profiter de la structure du balcon pour évoluer sans tuteur. Et hop camouflage!

Une activité à la porté de tous

«Le travail physique est bien moindre que dans un jardin, remarque Pascal Laforge. Il n’y a pas besoin de désherber non plus.» Une activité de fainéant? Pas vraiment. «On s’offre du temps à soi, assure l’animateur télé Stéphane Marie. Mais il faut une attention permanente, car une plante est fragile et ne gueule pas quand elle a mal.» En tout cas, les Français ne boudent pas leur silence parfumé. Selon le sondage MonEden-Rustica-CCMBenchmark, pour leurs balcons ou terrasses, ils achètent entre cinq et dix plantes. Largement de quoi tenir compagnie.