Preview BD: Découvrez 13 planches d’Outcast signées du créateur de Walking Dead

Comic Les éditions Delcourt et «20 Minutes» ont le plaisir de vous présenter le nouveau projet de Robert Kirkman…

Olivier Mimran

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«Outcast» (extrait)
«Outcast» (extrait) — Paul Azaceta, Robert Kirkman & éd. Delcourt 2015

Après les morts-vivants, place au diable! Outcast, la nouvelle série de Robert Kirkman, s’articule en effet autour d’un thème qui fascine les foules depuis le film L’Exorciste de William Friedkin (1973): celui de la possession démoniaque. Sauf que l’Américain ne se contente pas d’y décrire une opposition manichéenne entre le bien et le mal, ni du seul rapport entre exorciste et envoûté. Thierry Mornet, le responsable des Comics aux éditions Delcourt, a expliqué à 20 Minutes ce qui rend Outcast et l’œuvre de Kirkman uniques dans l’univers du comic made in USA. Retrouvez son éclairage expert à la suite de la preview ci-dessous. Bonne lecture!

Résumé: Kyle Barnes vit reclus dans sa maison, terrassé par un passé douloureux. Il lutte depuis son enfance contre l’emprise de démons sur sa vie et son entourage. Lorsque le révérend de sa ville natale le sollicite pour l’aider à pratiquer un exorcisme, Kyle commence à faire le lien avec la possession de sa mère. Il est sur le point de dévoiler la véritable nature de ses dons, qui vont s’avérer terrifiants…

Un public «accro aux frissons»

À en croire la pléthore d’histoires de vampires, loups-garous, zombies – et démons dans Outcast — auxquelles il a droit depuis une dizaine d’années en littérature (jeunesse), BD et cinéma, le grand public américain serait carrément accro au frisson. «La pop culture US a toujours été le vecteur de thèmes liés au fantastique dont le public semble particulièrement friand», confirme Thierry Mornet. Mais n’est-ce pas aussi désormais le cas dans l’hexagone? «Certainement! Le public américain ne craint pas d'assumer son goût pour les séries B et la pop culture en général. Cela a pris plus de temps en France, mais nous y arrivons. Le succès incroyable de Walking Dead, dans le monde entier, en est un parfait exemple.»

À chacun sa part d’ombre

Ce qui distingue Outcast, comme Walking Dead et l’œuvre entière de Robert Kirkman, c’est que ses héros – ou plutôt, ses antihéros — luttent quasi systématiquement avec leur part la plus sombre. Dans ce premier tome, par exemple, Kyle Barnes pratique deux exorcismes dont la violence le renvoie à un épisode tragique de son enfance. «C'est une des thématiques et des composantes du travail de Robert Kirkman, effectivement, mais ce n'est pas la seule. On retrouve fréquemment, par exemple, la relation père-fils au cœur de plusieurs de ses séries; ou des questionnements concernant la vieillesse également», précise Thierry Mornet.


«Kirkman a surtout la particularité de mettre ses personnages dans des situations parfois extrêmement compliquées et tendues, qui ne manquent pas de les pousser dans leurs ultimes retranchements. Le genre de situations stressantes qui effectivement permet au côté sombre, que l'on abrite tous en nous à des degrés divers, de ressortir et de s'exprimer.»

Un carton annoncé…

Les névroses de ses personnages sont certainement, avec la présence de zombies, l’ingrédient secret qui a fait de Walking dead le succès mondial que l’on sait. Outcast change d’univers mais emploie les mêmes recettes, agrémentées d’une terreur peut-être spirituellement plus «réaliste». Et ça marche! «Outcast a démarré de manière assez phénoménale aux États-Unis puisque le premier numéro a fait l'objet de 4 réimpressions successives et les suivants ont également bénéficié de retirages», se réjouit Thierry Mornet. Considérant la notoriété de Kirkman, on peut supposer que le 1er tome en version française devrait suivre le même chemin.

Bientôt sur nos écrans

D’autant plus que tout ce qu’écrit l’auteur the Walking Dead fait désormais l’objet d’une véritable foire d’empoigne de la part des studios américains (il faut dire que la série TV adaptée de la BD est aussi un succès commercial universel). À peine publiée, les droits d’Outcast ont donc été acquis par Cinémax, une chaîne du groupe HBO. Le réalisateur Adam Wingard (réalisateur de The guest) a déjà (!) réalisé un pilote «très puissant», selon HBO, et Kyle Barnes y sera interprété par Patrick Fugit (vu dans Gone girl).

Un scénario crédible porté par le trait sombre et sobre – mais ô combien efficace — de Paul Azaceta, un rythme global assez lent, qui laisse aux faits le temps de s’installer (et à l’angoisse de se distiller) promettent à Outcast le succès qu’il mérite. Et permettront peut-être à son brillant auteur de ne plus être considéré comme l’homme d’une seule œuvre, aussi éclatante fut-elle.

Outcast tome 1 “Possession”, de R. Kirkman & P. Azaceta - éd. Delcourt, 16,95€