L’écrivaine et journaliste Michèle Manceaux est décédée

DECES Elle avait travaillé notamment pour «L’Express» et «Le Nouvel observateur»…

A.Ch. avec AFP

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L'écrivaine et journaliste Michèle Manceaux en 1988.
L'écrivaine et journaliste Michèle Manceaux en 1988. — ANDERSEN ULF/SIPA

L'écrivaine et journaliste Michèle Manceaux, engagée à gauche et féministe, est décédée mardi à l'hôpital Cochin à Paris des suites d'une infection pulmonaire à l'âge de 82 ans, a annoncé sa famille. Elle a notamment été l'une des signataires du «Manifeste des 343 Salopes» pour la légalisation de l'avortement, en 1971.

«Elle court, elle court»

Militante en faveur de l'indépendance algérienne, puis aux côtés de la gauche de Mai 68, elle a soutenu la cause palestinienne, elle qui était d'origine juive, notamment dans le livre «Histoire d'un adjectif» (2002), dont Jean Lacouture avait salué «la richesse». «Elle écrit comme elle vit: elle court, elle court», disait d'elle Françoise Giroud, qui avait été sa rédactrice en chef à l'hebdomadaire L'Express et son mentor.

«Elle a fait partie des années héroïques de L'Express, c'était une journaliste très emblématique des combats du journal à cette époque puisqu'elle était fortement engagée pour la cause des femmes, sur l'avortement, sur l'égalité homme-femme. Elle était aussi très proche des milieux littéraires dans le sillage de Françoise Giroud», a déclaré à l'AFP Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire.

Auteur de 24 récits et romans

Michèle Manceaux avait débuté sa carrière à L'Express peu après la fondation du magazine dans les années 50 et avait ensuite été, au début des années 70, reporter au Nouvel Observateur. Elle a également été éditorialiste pour la revue féminine Marie Claire de 1978 à 2008. Ecrivaine et grande voyageuse, elle est l'auteur de 24 récits et romans, dont «Grand Reportage» (1980), portant sur la dépression, un tabou à l'époque.

Avec «Anonymus» (1983), elle avait obtenu le Prix de l'Académie française. Avaient suivi «Le fils de mon fils» (1994) et «L'Amie» (1997), où elle partageait ses moments d'amitié avec Marguerite Duras, sa voisine dans le village de Neauphle-le-Château, près de Paris. Michèle Manceaux avait publié en 2010 «La dernière à gauche en montant», portrait émouvant de cette maison de Neauphle et des amis qu'elle y avait accueillis au fil des années. Elle a longtemps été l'une des personnalités de l'île de Ré, où elle avait acquis une maison de vacances.