« Le bonheur, une lutte contre nous-mêmes »

©2007 20 minutes

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Ridan

Auteur-compositeur.

Votre nouvel album, L'Ange

de mon démon, oscille

entre espoir et résignation. Pourquoi un tel paradoxe ?

Je trouve que le genre humain va vers le déraisonnable. J'ai l'impression qu'il est plus facile de faire du mal que du bien. Je ne comprends pas que le seul objectif de certaines personnes soit de se mettre sur la tronche.

Est-ce si difficile d'être heureux aujourd'hui ?

Comme disait Prévert : « Le bonheur, si vous ne le vivez pas, faites au moins semblant, pour montrer l'exemple. » J'ai aussi fait mienne la phrase de Maupassant qui dit que « le bonheur, ce n'est pas gai ». Pour moi, le bonheur est une lutte contre nous-mêmes. La lutte du raisonnable contre la folie des hommes. En psychologie, on parle de conquête de soi. C'est donc bien une guerre.

N'avez-vous pas l'impression de voir tout en noir ?

Non, je suis clairvoyant. Mais c'est l'espoir qui m'anime, sinon, je ne ferais que des chansons suicidaires. Dans notre soumission aux conflits du monde, on fait ce qu'on peut. Mais j'ai de plus en plus de mal à accepter la bêtise au quotidien, le racisme, les inégalités, les guerres permanentes...

Votre écriture

est souvent rêche, crue.

D'où cela vous vient-il ?

Uniquement de mon écosystème. Je suis comme un papier buvard, je prends vite la teinte ambiante. Et en ce moment, quand je traîne dans la rue, le papier se noircit de lui-même.

Vous avez été rappeur avant d'être chanteur. Qu'est-ce

que cela vous a apporté ?

Un style plus spontané et direct. Mais c'est trop monocorde. Dans la chanson, la mélodie permet de donner une autre couleur au texte et, dans mon cas, de le rendre moins dur.

Les journalistes ont souvent comparé votre travail à celui de Brassens. Pourquoi ?

Peut-être parce que je suis très intuitif, comme lui. La création est 100 % spontanée, chez moi. Les mots m'amènent des musiques. Tout se passe dans ma tête, je n'écris rien. La bonne mélodie, c'est celle dont je me rappelle une semaine après.

citoyen Ridan parle peu de lui, mais a des thèmes fétiches : le problème d'identité (Rentre chez toi), l'écologie (Objectif Terre) et la violence guerrière (Les Fleurs, Alerte à la bombe).