Le chat fait sa niche dans les mangas

LIVRES Plusieurs séries de mangas mettent en scène des félins avec succès. Petite sélection...

Joel Metreau

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le chat Chi.
le chat Chi. — K-K/TX-C

Il est loin le temps où les chats servaient de juste de compagnons comme Luna et Artemis à Sailor Moon. Désormais, ils sont les héros à part entière de mangas, édités en France, le plus souvent dans un sens de lecture occidentale afin de toucher un public plus large. Il faut rendre grâce à Chi, ce personnage, à l’origine de la Chatmania. «A l’époque on avait des mangas pour ados et adultes, se souvient Satoko Inaba, responsable éditoriale chez Glénat. Mais rien pour les plus jeunes, on a trouvé Chi dans un magazine pour adultes, Morning, mais qui était destiné à être partagé avec les enfants.» Gros succès du 1er tome: 146.000 exemplaires vendus. Dans la foulée, d’autres félins sont sortis de leur niche.

Le plus trash

Rien de kawai chez ce chat. Il se bat volontiers avec ses congénères, cède fréquemment au besoin de satisfaire sa libo et a du talent pour identifier à qui appartiennent les étrons, rien qu’à leur fumet… «Graphiquement ce manga est très poétique, mais c’est un vrai seinen [manga pour jeunes hommes], une série courte en cinq volumes», explique Christel Hoolans, responsable éditorial chez Kana. «Ici, l’histoire est vue à travers ses yeux, on le voit en décalage avec son maître, dont il a décidé qu’il était à son service.» Devine qui va changer la litière? La lecture de Kuro confirme ce que pensaient les Nuls: les chats, c’est vraiment des branleurs.

                              La plus espiègle

La série Chi continue son chemin chez Glénat. Le dernier tome, le 12, va paraître d’ici à la fin de l’année. Mais l’éditeur vient de sortir le premier volume dans un nouveau format, plus grand avec couverture cartonnée pour attirer un public réticent au manga. «Chi a un côté très espiègle, elle met longtemps à réaliser à réaliser qu’elle est un chaton, car s’imagine être humaine», note Satoko Inaba. Chi a eu les honneurs d’une série télévisée, mais aussi d’une adaptation en poche par Glénat pour les plus jeunes enfants, plus proche d’un mini-album jeunesse.

Chi, une vie de chat – volume 1, de Konami Kanata (nouvelle édition chez Glénat, 9,99 euros)

Le plus réaliste

Difficile de battre la mascotte de Nintendo. Chez Manga soleil, le tome 5 de Plum est parmi les meilleures ventes juste derrière les aventures en manga de Super Mario. «Plum s’adresse aux amoureux des chats, pas forcément à la jeunesse. Avec un dessin plus réaliste, il touche plus facilement les fans d’animaux», souligne Iker Bilbao, responsable éditorial de Soleil Manga. D’ailleurs, l’éditeur a trouvé un autre    compagnon pour Plum en lançant la série Globule, une vie de lapin.

Plum, un amour de chat, de Natsumi Hoshino (Soleil Manga, 7,99 euros)

Le plus enfantin

Avec Nekojima, l'île des chats, une famille d'humains se fait passer pour des félins afin de ne pas les effrayer. L'intégration s'accompagne du port d'une fausse queue et d'un bonnet avec des oreilles de chats. Dans ce manga destiné aux jeunes enfants, le lecteur suit les péripéties de Cathy, l'héroïne humaine déguisée en chat.
Nekojima, l'île des chats, de Sato Horokura (nobi nobi!, 9,45 euros)

Le plus tokyoïte

Yanaka, c’est évidemment un matou et c’est aussi le nom d’un célèbre quartier de Tokyo, au Japon. «C’est une série assez mature, à mi-chemin entre le guide de voyage et le manga», explique-t-on à la librairie Komikku (Paris 1er), qui est également devenue maison d’édition en 2012. La série invite en effet à la découverte de ce quartier aux ruelles étroites et qui abrite une population de chats errants, à travers les pérégrinations d’une bande de félins. En France, deux tomes de Yanaka, histoires de chats sont parus. Un troisième a été publié au Japon.
Yanaka, histoires de chats, de Megumi Wakatsuki (Komikku Editions, 7,90 euros)