Eclipse solaire: Comment la photographier avec un smartphone

PHOTO L'éclipse de soleil partielle du vendredi 20 mars 2015 est la première de l'ère du selfie...

Benjamin Chapon

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Une éclipse partielle de soleil vue à travers un filtre le 29 mars 2006 au Kososvo
Une éclipse partielle de soleil vue à travers un filtre le 29 mars 2006 au Kososvo — VISAR KRYEZIU/AP/SIPA

Oui, c’est possible de photographier une éclipse avec un smartphone. Il ne faut pas croire les experts de tous poils qui s’expriment ces jours-ci affirmant qu’il faut un appareil professionnel, un trépied, un filtre anti-UV hors de prix et un sextant à sustentation magnétique pour capturer le magnifique spectacle de la Lune passant devant le soleil, vendredi 20 mars aux environ de 10h.

Evacuons d’emblée l’astuce pénible consistant à photographier l’impact de l’éclipse sur les gens ou les paysages. Non, il s’agit bien de photographier le soleil croqué par la lune. Observer une éclipse à l’œil nu peut entraîner des dommages irréversibles sur la rétine. En revanche, on peut l’observer à travers son smartphone. Au risque d’abîmer sa cellule photographique...

Pour Eric, vendeur de smartphones et d’appareils photo dans une grande enseigne, s’il convient de «prendre soin d’un objectif photo à mille euros, conçu pour servir au moins dix ans», un smartphone ne souffrira pas d’une exposition aux ultraviolets de l’éclipse partielle. «Oui, bien sûr, ça va l’abîmer, comme quand vous l’exposez au froid, au chaud ou à l’humidité. Mais il fonctionnera encore très bien après si vous ne prenez pas plus de dix ou vingt photos par exemple. Et de toute façon, aujourd’hui, les smartphones ont une faible durée de vie, d’environ deux ans. Ils sont conçus pour se détériorer.»

Crema, nuages ou pollution

On peut, sans trop de danger, photographier une éclipse avec son Smartphone. Le résultat en revanche risque de ne pas être formidable. «Il faudra essayer les filtres Instagram, estime le photographe Michel Gors, spécialiste des clichés au smartphone. Le filtre Crema peut être intéressant. Ou peut-être Gotham. Il faudra être inventif pour obtenir quelque chose mais c’est possible.»

La difficulté principale restera de photographier l’éclipse sans regarder le soleil lui-même. Pour Michel Gors, photographier au travers des lunettes spécialement conçues pour observer l’éclipse «donnera des photos trop sombres.» Le meilleur espoir des photographes au smartphone reste le mauvais temps. «L’idéal, ce sont des nuages d’altitude qui agiraient comme un filtre naturel. Mais c’est finalement assez rare d’avoir la masse nuageuse optimale pour voir le soleil sans être ébloui.» Le meilleur allié des observateurs parisiens sera donc la pollution, encore très forte vendredi, et qui atténue la luminosité du soleil. «Les jours de très forte pollution, on peut réussir de belles photos troubles avec le filtre Apollo d’Instagram.»