«Omale», tout un univers extra-terrestre tient dans un livre

LIVRE A l’occasion de la sortie de son space opera «Omale»  en poche, l’écrivain français de science-fiction Laurent Genefort explique comment il crée un univers de science-fiction à partir de rien...

Joel Metreau

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La couverture de Omale chez Folio SF illustrée par Manchu. Lancer le diaporama
La couverture de Omale chez Folio SF illustrée par Manchu. — Denoël / Manchu

Comment imaginer et recréer un monde à partir de rien? C’est que la question qu’a dû se poser l’écrivain français Laurent Genefort pour la création d’Omale, cycle de science-fiction rééditée en poche (en 2 volumes chez Folio SF, 10,90 euros chacun). Sur cette gigantesque sphère de matière ultradense qui donne son nom à ce space opera cohabitent trois espèces, dont les humains. «J’ai mis la caméra sur eux, mais c’est par mesure de commodité, pour éviter de perdre le lecteur», explique l’auteur à 20 Minutes. A ses côtés, cohabitent deux espèces: les Hodgqins et les Chiles. De quelle manière les représenter? «Je voulais éviter de donner à ces espèces un trait humain exacerbé, comme dans Star Trek les Vulcains sont des êtres hyper logiques.» 

Trois sexes différents

Physiquement, ses espèces se démarquent de l’homme. Les Hodgqins ont beau être des bipèdes, ils possèdent trois sexes différents. « Cette idée est par exemple porteuse d’un scénario. Avec trois sexes, quels mythes cela va-t-il générer, quels types de relations entre les personnes?» Les Chiles, eux, se distinguent par leur caractère hyperindividualiste, qui a du mal à supporter jusqu’à ses propres congénères. «Ça m’a poussé à imaginer plein de mécanismes sociaux.» Sur son site Internet, l’auteur a dressé un lexique précis de ces cultures et environnements, comme un guide touristique du voyageur intergalactique.

«Tout le monde a une culture de la science-fiction»

N'empêche, pour Laurent Genefort, le réalisme et la cohérence d’un monde créé de toutes pièces sont désormais indispensables. « C'est un signe de modernité. Dans les années 1950, on pouvait juste définir une planète avec de l'herbe bleue, ça suffisait à transporter le lecteur ailleurs. Aujourd'hui, tout le monde a une culture de la science-fiction, même ceux qui n'en lisent pas. On ne peut plus se contenter d'être vague ou générique».

Un exemple des carnets remplis par Laurent Genefort. - Laurent Genefort

 

Pour créer son «livre-univers», du nom de la thèse qu’il a consacré aux œuvres où «la planète est le moteur de l’histoire», comme Dune de Frank Herbert ou Noô de Stefan Wul, Laurent Genefort a appliqué une méthode particulière: il tient des carnets où il allonge les unes après les autres des notes anthropologiques, des cartes, des personnages, des néologismes... « Quand j’en ai un certain nombre, elles forment un réseau et se correspondent. De ce réseau émerge l’histoire», explique-t-il. Aujourd’hui, il est en 617 notes, elles-mêmes subdivisées en petites notes. «J’en ai utilisé à peine la moitié ». Elles continuent de nourrir son monde: la preuve, Un quatrième volume de son space opera divertissant et extraordinairement détaillé, Les Vaisseaux d’Omale (Denoël, 23 euros) est sorti l’an dernier.