Salon du Livre: La littérature brésilienne en six auteurs incontournables

CULTURE Le 35ème salon du livre de Paris qui s’ouvre ce vendredi met le Brésil à l’honneur…

Annabelle Laurent

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Le Christ du Corcovado, le 3 janvier 2015. AFP PHOTO / GABRIEL BOUYS
Le Christ du Corcovado, le 3 janvier 2015. AFP PHOTO / GABRIEL BOUYS — GABRIEL BOUYS / AFP

Vous avez lu Mon Bel Oranger et L’alchimiste? Vous avez donc lu au moins deux auteurs brésiliens, peut-être sans le savoir: José Mauro de Vasconcelos et Paulo Coelho. Pour le deuxième, «souvent, les Français ne savent pas qu’il est Brésilien», note le spécialiste de la littérature brésilienne contemporaine Leonardo Tonus, nommé conseiller littéraire pour établir la liste des 48 auteurs brésiliens invités au Salon du Livre. Par où commencer quand on veut découvrir la littérature brésilienneSa réponse en six auteurs clés.

Les 48 auteurs invités et leur programme au Salon du Livre

Machado de Assis
Né à Rio d’un père noir descendant d’esclave et d’une mère portugaise, J.M. Machado de Assis est considéré comme le plus grand auteur brésilien du XIXe siècle.
«C’est le Balzac brésilien. Il raconte à travers les trajectoires de ses personnages et avec un regard très ironique et sarcastique la mutation de la société brésilienne du 19e siècle à une période charnière: la fin de l’esclavage, le plein essor de l’urbanisation.»
Le livreLe philosophe ou le chien, ed. Métailier.

Graciliano Ramos
Ecrivain social et engagé, Graciliano Ramos est l’auteur incontournable de la 1ère moitié du XXe siècle.«Son œuvre se situe dans le mouvement régionaliste des années 1930, et s’ancre dans le Nordeste et notamment dans la région particulièrement rude du sertão («fin fond»), mais sans chercher le pittoresque, et avec un regard très universel. Il réfléchit sur les exclus de la société».
Le livreVies arides, ed. Chandeigne, 2014. Publié en 1938 et considéré comme son chef-d’œuvre, il raconte l’errance d’une famille de fermiers à travers le sertão.

Et la littérature des favelas? 

Guimarães Rosa
«Guimarães Rosa offre un autre imaginaire du sertão, fait d’aventures, d’amour, de guerre, où se mélange l’universel, le rapport à la mort, et dans une langue très malléable qui devient objet de création».
Le livre : Diadorim (Albin Michel, 2006), son unique et monumental roman épique paru en 1956. Les innovations de langage sont telles qu’on parle de «revolução rosiana» («révolution rosienne»).

Milton Hatoum
Né à Manaus, en Amazonie, dans une famille d’émigrés libanais, Milton Hatoum a aussi appris le français de sa grand-mère maternelle. Ecrivain du métissage, il est l’une des plus importantes plumes de la littérature brésilienne contemporaine.
«Tout son univers romanesque se situe dans l’Amazonie. Il porte un regard sur la décadence économique de la région mais à partir de l’élaboration de grandes sagas familiales. Son écriture très est très marquée par Flaubert et Proust, et son regard souvent teinté de mélancolie.»
Le livre: Deux frères, ed. Seuil, 2003. 

Luiz Ruffato 
Ex-ouvrier devenu journaliste, Luiz Ruffato, 54 ans, a commencé sa carrière littéraire en 2001 avec Tant et Tant de chevaux, «une fresque de la vie de São Paulo, très hachée, fragmentée, qui met en relief l’aspect chaotique des grandes villes brésiliennes. Il a ensuite bâti une série composée de cinq volumes sur l’histoire de la classe ouvrière au Brésil».
Le livreTant et tant de chevaux, ed. Métailié, 2005.

Edyr Augusto
Pour les amateurs de polar! Né en 1954 à Belém, en Amazonie, Edyr Augusto est journaliste et écrivain. «Ses polars raconte la violence des grandes villes, sans aucune morale. Une violence pure et dure, et dans un autre espace du pays: Belém.»
Le livreBelém, ed. Asphalte, 2013.