Sans titre 156344

©2007 20 minutes

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Björk nous en fait voir de toutes les couleurs

Pour son sixième album, Björk ne choisit pas la facilité. Même si elle clame en interview que Volta est un retour à la spontanéité, inutile d'y chercher des chansons faciles à mémoriser. L'Islandaise arty poursuit au con­traire ses explorations au pays du son. Si Me­dúlla - son précédent disque - était un travail sur la voix, Volta est centré sur les percussions et les bruitages. S'y bousculent des beats synthétiques arrachés aux années 1980 et les sonorités à la fois traditionnelles et modernes du collectif congolais Konono n° 1. Des cuivres d'un groupe féminin islandais, un luth chinois ou une kora (sorte de harpe couchée malienne) y cohabitent avec des bruits de la mer ou des souffles du vent.

Deux invités s'aventurent dans

cet univers très personnel : le producteur Timbaland (Missy Elliott, Justin Timberlake...) qui collabore sur trois titres et Antony Hegarty, la voix d'Antony & The Johnsons, bouleversant sur deux duos. Déroutant, ignorant tout des lois de la pop, Volta s'adresse aux inconditionnels de Björk qui salueront un énième tour de force. Mais même les fans les plus chevronnés ne seront pas préparés au choc visuel de la pochette. L'artiste disparaît dans une sculpture à mi-chemin entre un costume de poulet et une bouteille d'Orangina en technicolor, censée symboliser le retour à une féminité payenne, célébrée tout au long du disque. Et ce n'est rien comparé aux tenues de scène et au laser show de la prochaine tournée qui passera cet été par la France.

www.myspace.com/bjork