Clotilde Courau dans la peau et les mots d'Edith Piaf

THÉÂTRE L’actrice donne à entendre des lettres d’amour de la chanteuse de «La Vie en rose» dans le spectacle «Piaf, l'être intime»…

Benjamin Chapon
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Clotilde Courau dans la pièce Piaf, l'être intime
Clotilde Courau dans la pièce Piaf, l'être intime — théâtre de l'oeuvre

Clotilde Courau remonte sur les planches du Café de la Danse, ce lundi à Paris, avec Piaf, l’être intime un spectacle où, accompagnée de l’accordéoniste Lionel Suarez, elle lit des lettres d’amour écrites par Edith Piaf. «C’est une première parce qu’on découvre les mots de la femme Edith Piaf, pas de l’artiste, explique Clotilde Courau. C’est un hymne à la vie.»

«C’est un spectacle court et dense, sans décor. Ça me semblait naturel pour coller à la simplicité de Piaf», confie l’actrice qui s’est vue confier les missives par une collectionneuse de lettres d’artistes. Avec Lionel Suarez, Clotilde Courau a conçu ce spectacle qu’elle compte jouer encore longtemps. «C’est un spectacle que je porte à bras-le-corps parce que c’est un projet important. Je ne veux pas me défiler. Si je n’avais pas rencontré le public, ça aurait peut-être été différent. Mais il a été enthousiaste, il y a eu un échange, une proximité…»

«Une sorte de slam vibrant»

Avant ce spectacle, Clotilde Courau avait déjà croisé la route d’Edith Piaf. «On a tous plus ou moins une connexion avec cette artiste. Moi, j’ai appris à mieux la connaître en jouant Irma la douce, de Jérôme Savary.» Cette comédie musicale a été écrite par Marguerite Monnot, amie et compositrice d’Edith Piaf. «Puis j’ai joué sa mère dans La Môme, le film d’Olivier Dahan.» Clotilde Courau a pu y observer la performance, saluée par un Oscar, de Marion Cotillard.

«Elle était dans l’incarnation. Moi, je ne suis jamais dans le mimétisme. J’interprète, je suis une caisse de résonance. Je ne chante pas mais je dis les mots d’une chanteuse, elle a le sens du rythme. C’est une sorte de slam vibrant.»

Une carrière  sans voie royale

Outre ce spectacle intime, Clotilde Courau sera à l’affiche de deux films en 2015, l’un de Philippe Garrel, l’autre d’Emilie Cherpitel. Cette carrière, peut-être plus discrète que ce que les débuts de l’actrice pouvaient laisse présager, satisfait Clotilde Courau. «J’ai fait des choix parfois moins évidents… Je me sens privilégiée mais… C’est compliqué, aujourd’hui, d’éprouver de la sérénité, dans ce monde où on veut toujours plus plus plus. J’essaye de garder l’envie et l’énergie de bien faire.»