Comment le roman de Marc Lavoine s’est imposé dans les ventes

CULTURE Paru à la mi-janvier, le roman de Marc Lavoine a été tiré à plus de 110.000 exemplaires, rappelant le succès de «Mémé» de Philippe Torreton l’an dernier…

Annabelle Laurent

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Le chanteur, acteur et désormais écrivain Marc Lavoine, le 9 janvier 2015.
Le chanteur, acteur et désormais écrivain Marc Lavoine, le 9 janvier 2015. — Jérôme Mars / JDD / SipaA

Le tirage atteint plus de 110.000 exemplaires. Depuis qu’il a détrôné début février Eric Zemmour dans le classement des ventes essais, le roman de Marc Lavoine poursuit son succès en librairie. A quoi tient le succès de L’homme qui ment, paru mi-janvier chez Fayard? Une chose est sûre: pas seulement à la notoriété du chanteur, qui bénéficie certes d’un capital sympathie auprès du grand public, et d’une communauté de fans, mais n’a pas joué ici sur le côté «confessions» au sujet de sa carrière ou de sa vie actuelle, et opté pour le récit de ses jeunes années. Un récit né de souvenirs, ceux de son père, ce grand séducteur qui n’a cessé de tromper sa mère, de celle-ci, qui mourait à petit feu de chagrin d’amour, de son enfance à Wissous, dans une banlieue qu’il a connue avec des fermes et des vaches.

Lire par ici l'interview de Marc Lavoine

«M’épancher, c’est quelque chose que je n’aime pas beaucoup», confiait à 20 Minutes Marc Lavoine au moment de la sortie du livre. La sincérité de son récit a pourtant touché un lectorat particulièrement large, après une réception critique inédite par le «grand écart» qui la caractérisait, selon son éditrice Sophie de Closets, également jeune PDG de Fayard de 36 ans. «De l’enthousiasme de Télérama ou Augustin Trapenard à celui de Laurent Ruquier ou de Michel Drucker, je n’ai jamais vu ça».

Sur les traces de «Mémé»

«Si L’homme qui ment n’était qu’un livre de chanteur, on serait à 20 ou 30.000 exemplaires, pas à 110.000», poursuit-elle. Quid de la diffusion en janvier de L’emprise, dans lequel jouait l’acteur, et ses 8,5 millions de téléspectateurs sur TF1? «Ça a pu aider, comme l’album d’hommage à Jean Ferrat, mais le succès du livre était déjà acquis», assure-t-elle. 

Le succès rappelle celui de Mémé, paru exactement un an plus tôt, le 16 janvier 2014, aux éditions L’iconoclaste. Le récit-hommage qu’adressait Philippe Torreton à sa grand-mère avait dépassé les 120.000 ventes en mai: les lecteurs l’offraient à leurs proches, s’y retrouvaient. Depuis, Philippe Torreton a sorti un second livre, politique cette fois: Cher François, ou 69 lettres ouvertes à François Hollande, parues chez Flammarion le 18 février, et actuellement 32e des ventes essais selon le classement Datalib des librairies indépendantes.

Marc Lavoine reviendra-t-il lui aussi en librairie? Son éditrice n’en doute pas une seconde. L’an dernier, à la lecture du manuscrit, elle se dit tenir en mains «un vrai livre. C’est la découverte d’un écrivain.» Marc Lavoine avait cosigné en 2011 avec Driss El Kersi Toi Et Moi, On S'appelle Par Nos Prénoms, lié à son engagement sur l’autisme, puis en 2013 avec Cyrille Putman un livre réunissant ses photographies, mais L’homme qui ment restera son premier roman, en attendant le suivant. Sur les encouragements de son éditrice? «Je n’ai pas besoin de l’encourager, quelque chose est enclenché. Des idées, il en a déjà».