Le tatouage, ce 10e art mondialisé

ÉVÉNEMENT 30.000 visiteurs sont attendus du 6 au 8 mars sous la Grande halle de la Villette, à Paris, à l'occasion du Mondial du tatouage…

Benjamin Chapon

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La tatoueur Tin Tin organise le mondial du tatouage à Paris
La tatoueur Tin Tin organise le mondial du tatouage à Paris — Esther Luling

L’un est tatoueur, l’autre est tatoué. L’un organise le Mondial du tatouage, gigantesque salon réunissant 338 tatoueurs du monde entier, l’autre y officiera aux côtés de Moche Pitt, son collègue des Airnadette, pour créer l’ambiance musicale. Tin Tin et Gunther Love militent pour que le tatouage soit reconnu comme un art à part entière.

«Une école de tatouage, ce serait absurde, explique Tin Tin, l’un des plus fameux tatoueurs internationaux. Pour apprendre, il faut pratiquer, se faire apprenti pendant quelques années. En revanche, enseigner l’histoire du tatouage aux Beaux-arts, ça se serait intéressant.»

«J’ai tatoué une danseuse étoile»

En attendant que le tatouage polynésien soit au programme des écoles d’art, Gunther Love et Tin Tin vont faire la fête au mondial du tatouage. Au moment d’établir sa playlist pour la journée du vendredi 6, aux côtés de Moche Pitt, Gunther Love a choisi de brasser très large: «Franchement, il n’y a quasiment aucune culture musicale, aucune scène dont le tatouage soit absent. Même dans la pop mainstream, même dans la chanson. Le tatouage est partout. A part dans la musique classique peut-être. – J’ai tatoué une danseuse étoile, une fois», rétorque Tin Tin.

En se démocratisant, le tatouage est devenu une pratique très grand public. Voir des stars arborer fièrement leurs tatouages a fait bondir certains gardiens du temple. Pas Tin Tin: «Moi, je pars du principe que j’en ai rien à cirer. Il n’y a plus de chapelle en tatouages. L’important c’est d’aller voir ce que font les autres, faire le lien. C’est la tendance.» «Comme en musique!», rétorque Gunther Love.

Le tatouage pour tous

Pas encore encré par Tin Tin, Gunther Love se souvient que son premier tatouage, «c’était un moyen de se souvenir d’un instant précis.» L’artiste explique qu’il était «dans une culture urbaine de la planche à roulettes. Petit à petit, je me suis intéressé au tatouage, j’ai mis le nez dans un truc que je sous-estimais complètement.»

Tin Tin reconnaît dans la démarche de Gunther Love celle d’une majorité de clients: «Souvent, ils viennent avec une idée pas très précise de ce qu’ils veulent. On discute et découvre toutes les possibilités, toutes les tendances. Ce qui est génial c’est que le tatouage est un truc tellement large et riche qu’il y a toujours un tatouage qui correspond à la personnalité du client. Toutes les démarches sont différentes, il y a tellement de manière de se faire tatouer...»

Alors qu’il attend 30.000 visiteurs au mondial du tatouage, Tin Tin remarque que les clichés sur le tatouage disparaissent peu à peu. «L’exposition Tatoueurs, tatoués au musée du Quai Branly a changé les choses. Grâce à elle, certaines personnes, qui fréquentent les musées, ont compris que le tatouage est une chose sérieuse, complexe, avec une histoire, des codes.»