Des airs qui s'évaporent

©2006 20 minutes

— 

Comme des gouttes de mazout tombées du ciel. Une pluie noire accueille le visiteur de l'exposition « Airs de Paris » présentée au Centre Pompidou jusqu'au 15 août. Cette installation ironique sur la pollution, signée Michel Blazy, inaugure un parcours consacré aux mutations urbaines. Pour cette expo-événement célébrant les 30 ans du Centre, les organisateurs ont réuni un casting de choix. Des habitués des lieux, comme Daniel Buren, Nan Goldin ou Sophie Calle, et plusieurs dizaines d'autres plasticiens de renommée internationale sont réunis dans une première partie artistique. Les oeuvres d'une vingtaine de paysagistes, architectes et designers complètent la réflexion dans un second volet. Paris est leur point de convergence : ils y travaillent, y vivent, s'en inspirent.

Les premières salles de ce parcours très aéré sont réussies. On est séduit par les images numériques d'Alain Bublex, qui transforme Paris en cité futuriste envahie d'enseignes commerciales. La confrontation d'un mur végétal de Patrick Blanc avec les résidus de friche du paysagiste Gilles Clément évoque l'émergence des zones intermédiaires, entre ville et nature. Dommage que la réflexion s'évapore au fur et à mesure du parcours. Les personnages peints par Djamel Tatah ou le cabinet de curiosités de Nan Goldin semblent trop éloignés des préoccupations de l'urbanisme actuel.