Preview BD: Découvrez les 11 premières planches de «Mes chers samedis», belle réussite brésilienne

BD Les éditions Çà&Là et «20 Minutes» ont le plaisir de vous présenter le nouvel album d’un des plus grand auteurs sud-américains...

Olivier Mimran
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«Mes chers samedis» (extrait)
«Mes chers samedis» (extrait) — Marcello Quintanilha & éd. Çà&Là 2015

Peu connue de ce côté de l’Atlantique, la bande dessinée brésilienne est pourtant florissante. Et comment pourrait-il en être autrement dans un pays – le plus vaste pays d’Amérique latine — qui compte plus de 200 millions d’habitants, donc de potentiels lecteurs? Mais florissante ne signifie pas exportable. C’est pourquoi les auteurs locaux ayant publié en Europe sont rares (Wander Antunes, le duo Gabriel Bá et Fábio Moon, Rafael Coutinho…). À ceux-ci s’ajoute désormais Marcello Quintanilha, que 20 Minutes a interrogé à propos de la sortie en version française de son album Mes chers samedis. Retrouvez-le à la suite de la preview ci-dessous. Bonne lecture!

RésuméMes Chers Samedis brosse le portrait de personnages issus des classes populaires brésiliennes, à travers quatre nouvelles étalées entre le début des années 1950 et la toute fin des années 1970. Au fil des histoires, il met en scène un amateur de football superstitieux habitant un bidonville de Rio et qui établit un rite pour faire gagner systématiquement son équipe favorite; un manutentionnaire travaillant dans un marché de fruits, mais déséquilibré mental et menacé de licenciement; un pêcheur du Nordeste s’improvisant professeur d’histoire pour les beaux yeux d’une jeune femme et enfin un employé de cirque dans la région de São Paulo qui se retrouve dans une très mauvaise posture suite à ses fanfaronnades…


Publié en 2009 au Brésil, Mes chers samedis s’inspire «de la Commedia dell’arte et des tragicomédies italiennes des années 1960», selon son éditeur. De fait, et au contraire de son compatriote Rafael Coutinho (qui décrit souvent les classes aisées de la société brésilienne), Quintanilha s’attache à décrire le quotidien de «petites gens».

«L’origine sociale des sentiments m’importe peu», confirme-t-il, «mais il est vrai que je suis plus sensible à la vie de gens issus des classes moyenne et pauvre du Brésil. C’est probablement dû au fait que c’est mon propre “terreau”, dans la mesure où je suis né et ai grandi à Niterói, une ancienne zone industrielle proche de Rio de Janeiro et essentiellement peuplée de familles ouvrières».

Plus universel qu'on ne le croit

On imagine donc que l’auteur a lui-même assisté aux tranches de vie qu’il décrit dans Mes chers samedis? «Pas du tout», sourit Marcello Quintanilha, «je les ai totalement imaginées. Mais elles sont crédibles, croyez-moi: j’ai vécu la majeure partie de ma vie dans cet environnement et j’ai été témoin de tas de situations similaires». En tout cas, et parce qu’ils sont tous empreints d’une douce nostalgie – la fameuse Saudade?-, ses récits donnent corps à un Brésil peut-être fantasmé hors ses frontières. «Le monde imagine que chez nous, la vie est à la fois très gaie et un peu triste. Et c’est vrai, en quelque sorte. Mais j’aime à penser que cet état d’esprit est plus universel qu’on ne le croit»


Désormais installé à Barcelone, «où ma femme et moi n’avions prévu de passer que quelques mois… voilà plus de treize ans (rires)», Marcello Quintanilha s’avoue impressionné par l’importance du marché de la bande dessinée en Europe. Et il se prend volontiers à rêver que le Brésil prenne, un jour, la même voie: «chez nous, le nombre de publications et l'intérêt que suscite la bande dessinée augmentent chaque année. Mais nous n'avons toujours pas de marché aussi structuré qu’ici, soutenu par un aussi grand nombre de lecteurs. En tout cas, il existe une certaine dynamique exponentielle. Je ne sais pas à quoi elle aboutira, mais elle suit son cours et c’est tant mieux.»

Exerçant depuis 1988, Marcelle Quintanilha a déjà reçu de nombreux prix (notamment à la Biennale internationale de bande dessinée de Rio de Janeiro en 1991 et 1993). Il a d’ailleurs remporté, avec le recueil de nouvelles Mes chers samedis (Sábado dos Meus Amore), celui du meilleur dessinateur HQ Mix en 2009. Une version française de Tungstène, son premier roman graphique, sera publiée fin 2015 aux éditions Çà&Là. Et elle sera suivie, en 2016 et chez le même éditeur, de celle d’Almas publicas, paru au Brésil en 2011.

«Mes chers samedis», de Marcello Quintanilha - éditions Çà&Là, 16 euros
(en librairie le vendredi 13 mars 2015)

Samba littéraire

La littérature brésilienne sera mise à l'honneur au prochain Salon du livre de Paris (20 au 23 mars 2015). Et qui dit littérature, dit également BD: Marcello Quintanilha sera donc présent aux côtés de ses compatriotes et confrères Daniel Galera, Fábio Moon et S. Lobo. Ils participeront tous à la conférence «L’âge d’or de la bande dessinée brésilienne», le dimanche 22 mars de 14h à 15h30 au Salon littéraire du CNL (L79).