As d’or 2015: «Colt Express» élu meilleur jeu de société de l’année

CULTURE La récompense a été remise ce jeudi soir à Cannes, à la veille de l’ouverture du Festival international des Jeux qui se tiendra jusqu’au dimanche 1er mars…

Anaëlle Grondin

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Remise des As d'or aux meilleurs jeux de société de l'année au Palais des Festivals de Cannes, le 26 février 2015.
Remise des As d'or aux meilleurs jeux de société de l'année au Palais des Festivals de Cannes, le 26 février 2015. — Anaëlle Grondin / 20 Minutes

De notre envoyée spéciale à Cannes

 

Il se retrouvera très certainement sous les sapins des amateurs de jeux pour Noël. Le jeu de société Colt Express (édité par Ludonaute) a été élu meilleur jeu de l’année ce jeudi soir à Cannes au cours de la cérémonie des As d’or, qui récompense les meilleurs jeux publiés en France au cours de l’année écoulée. «L’As d’or – Meilleur jeu de l’année», le prix le plus prestigieux, est décerné chaque année au «jeu qui va pouvoir plaire au plus grand nombre, facile à aborder et qui fédère joueurs débutants et averti», a rappelé le membre du jury Léonidas Vesperini, journaliste rédacteur en chef du magazine Ravages.

Dans Colt Express, les joueurs (à partir de 10 ans) incarnent des bandits «desperados» qui se lancent à l’attaque d’un train de voyageurs. Pas de pitié, pas d’alliance possible: entre les wagons, sur le toit, les balles fusent. Non seulement les hors-la-loi sont blessés mais le Marshall patrouille dans le train. Le but du jeu est d’obtenir le titre d’ «as de la gâchette» et d’amasser le plus gros butin.

Surprise de la soirée, le coup de cœur du jury

Trois autres prix ont été remis jeudi soir, à la veille de l’ouverture du 29e Festival international des jeux. «L’As d’or – Jeu de l’année enfant» a été décerné à La chasse aux Gigamons (Elemon Games), un jeu de mémoire (à partir de 5 ans) magnifiquement illustré dont l’univers n’a rien à envier à celui des Pokémons.  «L’As d’or – Grand Prix», qui récompense les jeux pour joueurs avertis, a été remis à Five Tribes (Days of Wonder, l’éditeur des Aventuriers du Rail). Le jeu de stratégie vous plonge au pays des mille et une nuits. Après des journées de voyage, votre caravane arrive enfin au sultanat de Naqala. Le vieux sultan est mort. Vous devez gagner les faveurs des Cinq Tribus pour prendre sa place, en invoquant les anciens Djinns et faisant appel aux différentes tribus au moment opportun. «On a fait beaucoup de jeux très familiaux. C’est un peu un virage pour nous. On a beaucoup joué avant de prendre la décision», a confié l’éditeur. 

Enfin, «L’As d’or – Prix du jury», véritable coup de cœur, a été décerné à Loony Quest (Libellud), très inspiré du jeu vidéo, selon Marcus, animateur sur Game One et membre du jury. Parmi les autres votants cette année se retrouvaient également le dessinateur Martin Vidberg (auteur du blog «L’actu en patates», Monsieur Phal, co-fondateur du site trictrac.net ou encore Catherine Watine, ludologue et chroniqueuse ludique. Ces derniers ont testé près de 1.000 jeux édités en France au cours de ces douze derniers mois.

Hommage poignant au dessinateur Tignous

Avant de remettre les prix, un hommage a été rendu au dessinateur Tignous, tué lors de l’attaque terroriste à Charlie Hebdo le 7 janvier. Il devait présenter en avant-première le jeu collaboratif Les Poilus au Festival cette semaine. «Nos pensées se tournent vers ses proches, sa famille et ses compagnons d’infortune», a déclaré Nadine Seul, commissaire générale du Festival international des Jeux. «Tignous avait rendu ses derniers dessins fin décembre. Pour nous ce n’est déjà plus un jeu, mais un testament», a-t-elle ajouté. Juan Rodriguez, l’un des deux auteurs du jeu sur la vie des poilus de 1914, a pris la parole, avec une forte émotion et les larmes aux yeux: «Ce jeu c’est une histoire d’amitié avec tous les collaborateurs. Son sous-titre [«L’amitié plus forte que la guerre?»] a pris une dimension qui nous dépasse complètement. On a tenu à sortir le jeu. Malgré la douleur on a réussi. Pour moi c’était important de respecter l’engagement qu’on avait pris vis-à-vis de Tignous.»