Hugo Becker de la série «Chefs»: «J'ai vécu le rêve américain»

INTERVIEW Hugo Becker joue Romain, un apprenti cuisinier au passé trouble pour «Chefs», la nouvelle série de France 2. Retour sur une carrière atypique sur le PAF...

Propos recueillis par Laure Beaudonnet

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Hugo Becker.
Hugo Becker. — C. Balsan

Hugo Becker incarne un jeune homme en liberté conditionnelle pour Chefs, la série culinaire diffusée dès ce mercredi sur France 2. Avant d'apparaître à la télévision française aux côtés de Clovis Cornillac, ce jeune premier a fait ses armes à Hollywood, incarnant le prince Louis Grimaldi dans les saisons 4 et 5 de Gossip Girl où il voue un amour inconditionnel à Blair Waldorf (Leighton Meester). Retour sur les débuts outre-Atlantique d'un acteur passé directement par la case grosse production américaine avant de revenir au «made in France».  

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Comment vous êtes-vous retrouvé aux Etats-Unis dans la série à succès Gossip Girl?

L'histoire de Gossip Girl, c'est drôle. Je passais un casting en mode barbu et chemise de bûcheron pour une pub de bière. La directrice a repéré que je parlais anglais, me demande de revenir le lendemain en ayant travaillé deux scènes. Je me suis rasé, plaqué les cheveux, et j'ai enfilé le smoking Hermès qu'on m'avait prêté pour la montée des marches avec les Jeunes Talents Cannes.

Aviez-vous un agent américain à la base?

Ça s'est fait grâce aux Talents Cannes. L'assistant d'un agent américain, qui était à Cannes, m'a demandé de voir plus d'images. Il m'a proposé de me tester sur ce qu'on appelle des «tapes» (des enregistrements vidéo). Le lendemain, il m'a rappelé en me disant qu'ils voulaient me signer. J'étais comme un dingue, d'autant que je parle anglais et espagnol. Je rêvais de jouer dans plusieurs langues, mais ça me semblait déjà compliqué de faire ce métier en France... Un mois après, je décroche mon rôle dans le film indépendant Damsels in Distress (de Whit Stillman). Une histoire de fou encore. J'ai failli ne jamais apparaître dans le film à cause d'histoires de visa. Ça s'est joué à 24 heures!

Comment se prépare-t-on à tourner à Hollywood?

Pareil que pour les autres tournages à vrai dire. On essaie de comprendre l'univers et de coller à la pâte des auteurs et du réalisateur. C'est con, mais c'est ça. La plus grosse préparation physique que j'ai faite c'était pour la BBC. J'interprétais un footballeur. Je devais prendre de la masse musculaire. En cinq semaines, j'ai suivi un régime hyperprotéiné tout en faisant 2 à 3 heures de sport par jour, et j'ai perdu 5,7 kilos. Ça valait le coup! On s'est ensuite entraînés avec des joueurs de Charlton et on a joué à l'Emirates stadium à la mi-temps d'un vrai match. C'était intense! Pour Chefs, on a eu beaucoup de préparation en cuisine, à la découpe notamment: julienne, mirepoix, brunoise, ciselé... Sur le vocabulaire aussi pour que les improvisations soient justes.

Quelle image aviez-vous des Etats-Unis avant d'arriver?

Avant le tournage de Damsels in distress et de Gossip Girl, je n'avais jamais mis les pieds à New York. La ville me paraissait froide. J'y suis retourné quatre fois, notamment pour Breathe In (de Drake Doremus) et j'ai vite changé d'avis. J'ai rencontré des gens déments, j'avais du boulot, on prenait soin de moi. Dans mon cas, le rêve américain était assez réel. J'ai sans aucun doute eu beaucoup de chance.

Comment expliquer cette vague d'acteurs français qui décrochent des rôles d'envergure à la télévision américaine?

Les Américains sont prêts à prendre des risques. Ils vont chercher des nouvelles têtes, ils retiennent toujours la meilleure proposition pour un rôle même si ce n'est pas une tête d'affiche. Ils ont beaucoup d'imagination. En France aussi, cela dit. Il existe des réalisateurs géniaux même si d'une manière générale, on met vite dans des cases. Il y a beaucoup d'acteurs français qui aimeraient composer, interpréter des personnages à contre-emploi. La France propose peut-être moins de projets qui le permettent, ce n'est pas le même cinéma. Pour moi, c'est très enrichissant d'osciller entre les deux.

Votre personnage dans Gossip Girl a-t-il constitué un tournant dans votre carrière?

Quand on vous donne une chance, vous prenez confiance en vous. On se dit que ça vaut la peine de continuer. Pour moi, le Prix Olga Horstig représente autant un tournant que les Jeunes Talents Cannes Adami ou Gossip Girl. Chaque chose permet d'avancer vers la suivante.