Hugo tout seul: «La scène n'est pas pour nous une échappatoire du Web»

INTERVIEW Le Woop se produit en spectacle à Paris à partir du 13 février. L'un de ses membres, le Youtubeur Hugo tout seul, explique pourquoi ce collectif investit à la fois le Web et la scène...

Propos recueillis par J.M.

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Le Woop, avec Mister V et Hugo tout seul (au centre).
Le Woop, avec Mister V et Hugo tout seul (au centre). — EMILY LABOUERY
  • Le Youtubeur Hugo tout seul est l'un des membres du collectif Le Woop.
  • Cette bande de sept jeunes hommes a investi à la fois YouTube et la scène.
  • Hugo, un des représentants de l'«humour 2.0», souhaite toutefois continuer ses sketchs en solo.

Hugo Dessioux, 27 ans, alias Hugo Tout Seul, Youtubeur de l'«humour 2.0» est passé sur la scène grâce au Woop. Ce collectif de Youtubeurs et de jeunes comédiens issus du stand-up mène deux activités de front. Il réalise des vidéos diffusées sur leur chaîne consacrée, mais aussi un show, à l'affiche du théâtre Apollo à Paris (du 13 février au 1er mars et du 17 au 30 avril), puis en tournée en France jusqu'à juin.

Comment s’est créé Le Woop?

Il est né au Paname Art Café, un petit café-théâtre près de République, à Paris. C’est là que j’ai rencontré Kader Aoun, créateur du Jamel Comedy Club. Je lui ai dit que je voulais faire du stand up, il m'a mis en contact avec d'autres personnes. Entre les futurs membres du Woop, une grosse affinité est née.

Pourquoi le stand up?

Les YouTubeurs avaient monté à deux reprises l’expérience Zapping Amazing pour leurs fans. Après le premier, j’ai retrouvé des sensations de scène. Au lycée, j’avais pris des cours de théâtre et joué dans Roberto Zucco. Ça m’a plu, et j’ai commencé à m’y intéresser.

Le collectif fait à la fois de scène et des vidéos, c'est une volonté d'occuper le terrain?

Il n’y a pas de stratégie. C’est un peu accidentel et lié au succès de la vidéo promotionnel qu'on avait fait pour le spectacle en septembre 2013. C’est de cette vidéo qu’est née l’idée de faire à la fois un spectacle et des vidéos sur le Web, en créant une chaîne YouTube. Pour les fans, ça offre deux expériences différentes en gardant l’esprit de bande. Mais sur scène, c’est plutôt un show, avec stand up individuel et collectif, improvisation, danse et chant. Depuis mars 2014, le spectacle a évolué, et il évoluera, on est perfectionnistes.

Les membres du Woop viennent d'univers différents, vous vous prodiguez des conseils entre vous?

Oui, comme on forme une bande de talents très éclectiques.... Youssoupha [Diaby], qui vient du stand up, m’a aidé. Mais les conseils vont aussi dans l’autre sens, comme pour les questions de cadre dans les vidéos pour le Web. Dans Le Woop, j’endosse le rôle de réalisateur et de directeur d’acteurs. Il y a vraiment une volonté de retranscrire l’ambiance d’une bande de potes, pas d’un collectif qui fait des vidéos. C’est important que tout le monde figure dans ces vidéos, et pas qu’il y en ait un ou deux différents à chaque fois.

Et pour vous, c'est terminé les vidéos tout seul ?

Je les relance. Aujourd’hui, le Woop tourne et a pris son rythme de croisière. J’ai envie de réinvestir dans les solos. C’est ça que j’aime sur Internet, c’est qu’on peut tout essayer. J’ai parfois lu que la scène était pour nous une échappatoire du Web. C’est faux, car on a la volonté de rester sur Internet.

Vous avez participé aux films français Fonzy, avec José Garcia, et Avis de mistral avec Jean Reno. Vous avez envie de continuer le cinéma?

Ce serait très intéressant de participer à un film dont je contribuerai à l’écriture du scénario. Là, je travaille sur un long-métrage, mais il n’est pas sûr que le projet aboutisse.