La vraie histoire, trash, de «La petite maison dans la prairie» fait un carton

LITTERATURE Cette autobiographie de Laura Ingalls Wilder montre les pionniers sans fard, loin de l'histoire romancée de la série télévisée...

20 Minutes avec AFP

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Les héros de la série télévisée «La petite maison dans la prairie».
Les héros de la série télévisée «La petite maison dans la prairie». — RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

Une autobiographie brute de décoffrage de Laura Ingalls Wilder fait un tabac aux Etats-Unis et montre la vie des pionniers sans fard, loin de l'image bucolique de ses romans et de La petite maison dans la prairie.

Une version ni «retouchée», ni «romancée»

«Pioneer Girl est la toute première ébauche écrite par Laura Ingalls Wilder, à la demande de sa fille Rose, avant qu'elle ne soit retouchée et romancée», explique Nancy Tystad Koupal, directrice de la maison d'édition de la Société historique du Dakota du Sud.

«Nous voulions présenter la version qui montrait le plus fidèlement possible la réalité des pionniers du XIXe siècle. Nous voulions aussi montrer, d'une certaine manière, les coulisses de La petite maison dans la prairie

Parue en novembre, cette édition annotée montre la vie des pionniers sans artificeBasée sur la vie de Laura Ingalls Wilder, la série de 11 tomes publiée entre 1932 et 1943 et intitulée La petite maison dans la prairie raconte leur vie de façon fortement romancée. Ces romans ont ensuite été adaptés à la télévision par Michael Landon en 1974. La série s'étirera sur neuf saisons, pour un total de 205 épisodes.

La famille Ingalls n'avait pas de maison

La réalité, elle, était différente. «A l'époque, la vie était difficile et la violence faisait partie du quotidien», poursuit Nancy Koupal.

Ainsi, beaucoup d'éléments présents dans Pioneer Girl, jugés trop violents, ont été retirés des adaptations. Dans la vraie vie, Laura Ingalls s'était ainsi occupée d'une femme malade, dont le mari, en état d'ébriété, a tenté de la violer. L'auteur n'a dû son salut qu'au fait d'avoir fait front et donné des coups.

Nancy Koupal raconte que la famille Ingalls avaient peu d'argent et qu'ils n'avaient pas leur propre maison. Ils vivaient dans des appartements que le père de Laura n'avait pas toujours les moyens de payer. «A un moment donné, la famille a dû fuir en pleine nuit pour éviter de payer le loyer», ajoute Mme Koupal.

Celle-ci fait également état d'un homme qui, après avoir consommé une grande quantité de whisky, s'est incendié les poumons en allumant un cigare.

Les carnets de commandes ont explosé

«Nous ne pouvions pas rêver mieux. Au début, nous espérions vendre un maximum de 30.000 exemplaires», explique Nancy Koupal. Les attentes ont rapidement été dépassées.

La livraison initiale de 15.000 copies s'est écoulée en quelques semaines seulement. La Société a dû procéder à deux autres tirages. Au total, plus de 75.000 exemplaires du livre ont trouvé preneur. «Et ce n'est pas fini», croit l'éditrice.

Lundi, l'ouvrage était en tête des meilleures ventes chez  Amazon. D'où vient l'engouement? Nancy Koupal attribue la popularité de Pioneer Girl aux amateurs des romans et de la série télévisée. «Pour beaucoup de gens, Laura Ingalls fait partie intégrante de leur jeunesse.»