Festival d’Angoulême: Les quatre grandes inquiétudes des auteurs de BD

BANDE DESSINEE A l’occasion du festival de la BD d’Angoulême, les auteurs disent leur inquiétude...

Benjamin Chapon

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Manifestation d'auteurs de BD à Angoulême le 31 janvier 2015 Lancer le diaporama
Manifestation d'auteurs de BD à Angoulême le 31 janvier 2015 — B.Chapon/20 Minutes

Les auteurs sortent de leur bulle, samedi, lors du festival d’Angoulême, pour une marche et un débrayage symbolique des dédicaces, à l’appel du syndicat des auteurs de bande dessinée (Snac BD).

Vendredi, des auteurs ont également organisé les premiers Etats généraux de la BD pour «donner la parole à ceux qui ne la prennent jamais». L’objectif était de faire un point sur la situation économique des auteurs et de la filière BD. Il en est ressorti quatre grandes sources d’inquiétude qui devraient remonter aux oreilles de la ministre de la Culture, qui sera de passage à Angoulême, dimanche.

1. La paupérisation des auteurs BD

Selon le dernier rapport de l’Association des critiques de bande dessinée, 1.411 auteurs réussissaient à vivre de leur crayon en 2014. C’est 81 de moins qu’en 2013, 120 de moins qu’en 2012. A ce rythme-là, ils seront moins de 1.000 dans trois ans. Les Etats généraux de la BD ont été l’occasion de constater qu’un auteur sur deux vit avec moins que le Smic, voire beaucoup moins.

2. Une réforme du régime de retraite

La marche des auteurs a pour but de renégocier une réforme qui prévoit une cotisation retraite à hauteur de 8% des revenus des auteurs. «C’est un mois de salaire, précise Marc-Antoine Boidin, du Snac BD. Sauf que nous, on n’a pas de salaire, ni d’assurance chômage, ni d’arrêts maladies. On aimerait bien pouvoir cotiser pour avoir une bonne retraite mais pour l’instant, on cherche juste à survivre.» Prétendument «enterrée» la réforme est en réalité toujours à l’étude et les auteurs se sentent «baladés» par le ministère des affaires sociales. Le Snac BD veut faire pression pour que le taux de cotisation soit abaissé à 4%.

3. Le droit d’auteur menacé par Bruxelles

L’autre grande inquiétude des auteurs concerne la réforme européenne du droit d’auteur examiné actuellement. Une élue européenne du Parti Pirate allemand, Julia Reda, a remis son rapport, mardi 27 janvier. Elle préconise notamment le renforcement des exceptions au droit d’auteur et  la réduction de la durée des droits d’auteur de 70 ans à 50 ans. Le Snac BD et très inquiet. «Le droit d’auteur doit évoluer mais il doit continuer à nous protéger», espère Marc-Antoine Boidin.

4. La diffusion des albums BD

Mis à part quatre ou cinq locomotives par an, les nouveautés en bande dessinée peinent à trouver leur place dans les librairies. «En BD, une nouveauté pousse l’autre, explique Raul Mora, de la librairie Envie de lire, à Ivry-sur-Seine. Les BD prennent plus de place que la littérature généraliste et il est difficile pour les libraires d’avoir du fond alors que ça doit être notre force. Il n’y a aucune aide spécifique pour les libraires qui font l’effort de mettre en avant la bande dessinée alors que ça existe, par exemple, pour la poésie.»