«Life is strange»: Cinq raisons de remonter le temps avec ce jeu d'aventures

JEU VIDEO Le studio français Dontnod sort ce vendredi le premier épisode du jeu d'aventures «Life is strange». Rencontre avec ses développeurs...

Joel Metreau

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Max et Chloe, dans Life is strange. Lancer le diaporama
Max et Chloe, dans Life is strange. — dontnod

Le studio parisien Dontnod propose un jeu d'aventures à épisodes.

L'héroïne adolescente possède le pouvoir de remonter le temps.

Avec sa B.O. folk-rock et son style graphique, Life is strange ressemble au ciné indé américain.

Le studio français Dontnod sort ce vendredi (sur PC, PlayStation 3, PlayStation 4, Xbox 360 et Xbox One) le premier épisode du jeu d'aventures «Life is strange». Edité par Square Enix, «Life is strange» donne à une adolescente le pouvoir de remonter le temps afin de revenir sur ses décisions. Mais tous les choix ne nous obligent-ils pas à abandonner quelque chose? Cinq raisons de découvrir que la vie est étrange.

Un des cauchemars de Max dans Life is strange. - Dontnod

Un jeu made in France

Le titre est anglais, les acteurs parlent anglais (sous-titré en français) et le jeu se déroule la petite ville américaine d'Arcadia Bay. Bien sûr, il est créé par un studio parisien: Dontnod, qui a livré il y a deux ans son premier jeu d’action à gros budget Remember me, une incursion dans un Paris post-apocalyptique. Et qui a eu du mal à imposer son identité. «Ce fut une sortie difficile même si on était très fier du jeu, admet Oskar Guilbert, cofondateur du studio loti au dernier étage d'un immeuble moderne du 19e. Au final, il s’est très bien vendu sur la longueur.» Le boss évoque plusieurs millions d’exemplaires écoulés, sans précision. Il poursuit: «Dans la foulée, on s’est mis à travailler sur plusieurs prototypes de jeu, dont Life is Strange.»

Une héroïne adolescente

Life is Strange accompagne Max, une adolescente qui se découvre le pouvoir de remonter le temps. Comme dans Remember me, une femme pour héroïne. Et comme pour Remember me, des éditeurs rebutés. «Pour Square Enix, cela n’a posé aucun souci, confie Oskar Guilbert.  Mais les autres éditeurs sont en majorité attachés à des personnages masculins.» A côté d'Oskar Guilbert, deux autres hommes acquiescent: Michel Koch et Raoul, codirecteurs du jeu. «Ce pouvoir fonctionnait mieux avec un personnage féminin, remarque Michel Koch, codirecteur du jeu. Si ç’avait été de la télékinésie, on aurait choisi un homme»…

Chloe menacée par un lycéen dans Life is Strange. - dontnod

Un jeu à épisodes

Telltale Games a dépoussiéré le genre du jeu d’aventures, avec ses adaptations de Walking Dead et de Game of Thrones, adaptés aux supports tablette et mobile. Des jeux à la point’n’click où le joueur progresse en fouillant son environnement, en engageant des dialogues avec les autres personnages. Le studio californien a aussi banalisé le jeu servi en tranches, à la manière d’une série. Ce dont s’inspire Dontnod pour Life is strange, avec promesse de rebondissements. «Le joueur va être surpris dans les épisodes suivants par les conséquences de ses actes», sourit Oskar Guilbert.

Une histoire de passage à l’âge adulte

Les souvenirs doux amers du lycée imprègnent le premier épisode, auquel nous avons joué. «L’adolescence, c’est la période de notre vie où on se façonne en tant que personne en train de devenir adulte, explique Michel Koch. C’est la période idéale pour raconter une histoire qui consiste à changer certains des choix qu’on peut faire.» Max  «rembobine» le déroulement de certains événements-clé afin de prendre une autre décision. «C’est un pouvoir très puissant, mais on veut montrer qu’il n’y a pas de bon choix, pointe Michel Koch. Il faut accepter son destin et ne pas vouloir tout changer. La solution parfaite n’existe pas.» Le cinéma indé américain, dans lequel Life is Strange puise sa B.O. folk-rock (Jonathan Morali de Syd Matters), ne dirait pas le contraire.

Une disparition mystérieuse

En dépit de ces choix multiples, Life is strange repose sur trame principale, teintée de surnaturel. «On traite de situations réelles et banales qui deviennent extraordinaires», note Raoul Barbet. Une petite ville, des jeunes, des cauchemars, une disparition. C'est It de Stephen King? «Un de mes romans préférés avec sa manière de raconter l’enfance et de l’adolescence.» Le fait de vivre dans une petite ville américaine où même si «tout le monde se connaît, il y a toujours des secrets enfouis.» Déterrage aux prochains épisodes.