Festival d'Angoulême: 7 mangas pour découvrir Jirô Taniguchi

BANDE DESSINEE Sélection d'une partie de l'oeuvre du «plus français des mangaka», qui sera invité d'honneur du festival d'Angoulême 2015 (du 29 janvier au 1er février)...

Olivier Mimran

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Couvertures d'albums de Jirô Taniguchi
Couvertures d'albums de Jirô Taniguchi — ® Jirô Taniguchi & éditeurs mentionnés 2015

En plus de quatre décennies de carrière, Jirô Taniguchi a produit plus de cinquante albums. Si certains d'entre eux ont très tôt été publiés en France (notamment par les éditions Casterman), on assiste, depuis l'annonce de sa venue à Angoulême, à un déferlement de titres – inédits ou pas — chez plusieurs éditeurs français. 20 Minutes en a sélectionné sept, récemment (re)publiés et emblématiques du talent protéiforme de leur auteur.

Le plus chic

Attention, il n'y en aura pas pour tout le monde: édités par la prestigieuse maison Vuitton , les carnets de voyage LV, bien qu'un peu onéreux, «invitent à l'évasion intellectuelle et émotionnelle». Celui confié à Jirô Taniguchi propose ainsi les déambulations (de l'auteur?) au cœur de la Cité des Doges. On y découvre sa grande maîtrise de l'aquarelle, et une passion, sincère, pour l'architecture et l'atmosphère de la Sérenissime.

«Travel book Venise», éditions Louis Vuitton, 45 euros

Le plus sauvage

Des grands espaces des monts japonais à ceux de l'Ouest américain, ce diptyque d'aventure a ceci de particulier qu'il marque un virage dans la carrière de Taniguchi: réalisée entre 1975 et 1986, cette œuvre correspond à «l’européanisation» du trait du mangaka, alors influencé par la BD franco-belge qu'il venait de découvrir. Un récit épique, et une excellente introduction au style que son auteur a désormais complètement adopté.

«Les contrées sauvages» 1 et 2, éditions Casterman, 7,95 euros le volume

Le plus techno

Excellent Seinen réalisé en 1988, «Ice age» est un pur récit de science-fiction que n'aurait pas renié un magazine spécialisé comme feu Métal Hurlant... Et c'est précisément parce qu'il se disait influencé par la créativité des auteurs de Métal que Taniguchi se lança dans ce genre, qu'il avait jusqu'alors peu exploré. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce coup d'essai se transforma en coup de maître. Il faudra hélas patienter jusqu'en mars pour profiter de sa version française.

«Ice age, chronicle of the earth», éditions Kana (sortie en mars)

Le plus japonais

Voilà une histoire de manuscrit secret, rédigé au 15e siècle et volé par un ninja blanc, et qui serait susceptible de modifier le cours de l'histoire du Japon... Super-bavarde, cette réédition, qui comporte quand même beaucoup de scènes d'action (des combats, principalement), est typique de l'œuvre «nationale» de Taniguchi. À réserver aux fans de baston, donc, mais aussi aux amoureux du Japon d'antan.

«Kaze no shô», éditions Panini, 15,20 euros

Le plus français

Réalisé dans le cadre d'une «commande» du musée du Louvre (qui invite, depuis quelques années, des auteurs de BD à réaliser un album autour d'une œuvre de ses galeries), ce titre – en forme de voyage intérieur — n'est pas le meilleur de Taniguchi. Mais il reste digne d'intérêt, ne serait-ce que pour le regard que porte un natif de l'archipel japonais sur le Louvre et la culture française.

«Les gardiens du Louvre», éditions du Louvre & Futuropolis, 20 euros

Le plus contemplatif

C'est d'abord le premier roman graphique de Taniguchi a avoir été publié en français, en 1995. Et l'un de ses plus gros succès par chez nous, qui sera vite suivi par celui de Quartier Lointain. On y suit les flâneries d'un homme dans sa ville, et sa capacité à observer – et à s'émerveiller de — ces «petits riens» qui habitent notre quotidien. Les tout débuts de la veine lyrique dans laquelle Taniguchi s'est, depuis, littéralement engouffré.

«L'homme qui marche», éditions Casterman, 25 euros

Le plus historique

C'est le plus récent des albums de Taniguchi (il a été réalisé en 2014). Cette biographie historique revient sur la jeunesse, au début du siècle dernier, d'une jeune fille et d'un jeune homme qui créeront, des années plus tard, une branche dérivée du Bouddhisme. Malgré son ancrage très local, l'histoire captive en magnifiant des destins tout de même hors du commun, et en dévoilant un pan de cette ruralité si fondamentale dans la culture nippone.

«Elle s'appelait Tomoji», éditions rue de Sèvres, 17 euros