Attaque à «Charlie Hebdo»: Philippe Honoré, cinquième dessinateur tué

PORTRAIT Il était l’auteur du dernier dessin publié sur le compte de Charlie Hebdo à l’occasion du Nouvel An…

Annabelle Laurent

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Philippe Honoré, cinquième dessinateur tué dans l'attaque contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015
Philippe Honoré, cinquième dessinateur tué dans l'attaque contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 — FRANCOIS GUILLOT / AFP

Il était le moins connu des cinq dessinateurs assassinés mercredi dans les locaux de Charlie Hebdo. Avec Charb, Cabu, Wolinski et Tignous, Philippe Honoré, connu comme «Honoré», est le cinquième illustrateur victime de l’attaque. Grièvement blessé dans l'attaque, il a succombé à ses blessures, a confirmé mercredi soir l'urgentiste et chroniqueur de Charlie Patrick Pelloux

Les vœux d'Honoré quelques minutes avant l'attaque 

Honoré est l'auteur du dernier dessin tweeté par le journal satirique, quelques minutes avant l'attaque. Le chef de l'organisation de l'Etat islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdadi y présente ses vœux: «Et surtout la santé!».

Une figure de Charlie depuis 1992 

Né en 1941, Honoré était un autodidacte, qui avait publié son premier dessin de presse à 16 ans dans Sud-Ouest. Ses collaborations s’étaient ensuite multipliées, et il travaillait ces dernières années principalement pour Charlie Hebdo, Lire et Les Inrockuptibles

Des ambiances sombres, en noir et blanc, façon gravure sur bois: voilà ce qui faisait son style, très reconnaissable. Un «immense dessinateur», pour Plantu, qui se souvient d'un «enragé, mais un enragé très poli et doux» pour Le Monde

Honoré était une figure de Charlie Hebdo depuis 1992, où il publiait deux à trois dessins chaque semaine, selon Le Monde

Des rébus littéraires depuis 25 ans 

Il était aussi connu pour ses rébus littéraires, pour lesquels il faisait des infidélités à Charlie en dessinant pour Lire depuis près de 25 ans. Ses rébus, publiés en albums chez Arléa, qui en expose quelques-uns sur son site, avaient été exposés en 2012 à la foire du livre de Brive. Il s'était pour l'occasion confié à La Montagne, et déclarait: «Mon grand bonheur, c'est de provoquer un plaisir intellectuel aux gens qui cherchent les solutions. Et un plaisir visuel, car j'essaie au maximum de réaliser une vraie image qui tienne toute seule, sans texte».