2015 sera-t-il le Marignan ou le Waterloo des événements culturels?

CELEBRATION Marignan, Louis XIV, Clairvaux, Waterloo… Plusieurs lieux, personnages ou événement historiques seront commémorés en 2015…

Benjamin Chapon

— 

Des amateurs participent à une reconstitution de la bataille de Waterloo, le 21 juin 2014 à Londres
Des amateurs participent à une reconstitution de la bataille de Waterloo, le 21 juin 2014 à Londres — Paul Grover/REX/REX/SIPA

On va en souffler des bougies en 2015. Pour «fêter» les 500 ans de la bataille de Marignan, les 200 ans de celle de Waterloo ou encore les 800 ans de la fondation de l’abbaye de Clairvaux. Mais aussi les anniversaires de mort ou de naissance de Louis XIV, Poussin, Le Corbusier… Dans le cadre des commémorations du centenaire de la Grande Guerre, 2015 a été déclarée «année du Poilu». Consignés ou non dans l’inventaire annuel des Commémorations nationales du ministère de la Culture, ces anniversaires sont le prétexte de festivités ou d’expositions.

La grande exposition de l’année au Louvre sera consacrée à Poussin. L’abbaye de Clairvaux multipliera les concerts et conférences. L’accession au trône de François Ier il y a 500 ans entraînera divers événements, notamment colloques et reconstitutions.

Un anniversaire pour faire plusieurs fêtes
 

L’anniversaire de la défaite napoléonienne à Waterloo sera plutôt passé sous silence en France mais va donner lieu, en Belgique, à une gigantesque reconstitution avec des milliers de figurants et à une exposition, probablement à charge, sur Napoléon à Amsterdam. La capitale hollandaise à l’habitude des célébrations. En 2013, la ville avait multiplié les anniversaires: 400 ans de ses fameux canaux, 125 ans de la légendaire salle du Concertgebouw, 150 ans de l’abolition de l’esclavage…

Cette orgie de célébrations avait été ordonnancée par l’organisme Amsterdam Marketing. «En créant un faisceau d’événements commémoratifs, nous avons mis la ville sur la carte des cités incontournables de 2013», expliquait alors Marleen Luytjes, de l’office de tourisme néerlandais. Même son de cloche à Reims où, en 2011, l’office de tourisme a piloté les événements en lien avec les 800 ans de sa cathédrale. «L’anniversaire de ce bâtiment emblème a été l’occasion de mettre en avant l’attractivité culturelle de la ville», juge Maurice Gémeaux, responsable de la société Tourisme en idées.

Pas de choix dans la date
 

Pour l’expert en tourisme culturel, le maître mot d’une année de célébration réussie est «la convergence. Il faut que les acteurs culturels se fédèrent autour d’un anniversaire symboliquement fort pour créer une offre d’événements sur une courte période. C’est la politique du festival permanent», estime Maurice Gémeaux.

«Les anniversaires ont l’avantage de leur inconvénient, juge la néerlandaise Marleen Luytjes. Pour Amsterdam 2013, nous avions programmé la réouverture du Rijksmuseum qui était l’événement phare. Si les travaux avaient pris du retard, tout tombait à l’eau.» D’un autre côté, la date de 2013 a encouragé plusieurs institutions partenaires à tenir les délais.

Rouen a ainsi pris prétexte du 600e anniversaire du débarquement anglais en Normandie, événement de la guerre de Cent Ans, pour inaugurer un ambitieux Historial Jeanne d’Arc. L’avantage des anniversaires, c’est les cadeaux.