L'auteur de polars Jean-François Vilar est décédé

LITTERATURE L'écrivain s'était retiré de la scène médiatique depuis plus de vingt ans...  

Anne Demoulin

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L'écrivain Jean-François Vilar dans «La boite a mots» sur TF1 en 1986.
L'écrivain Jean-François Vilar dans «La boite a mots» sur TF1 en 1986. — PASCUCCI/TF1/SIPA

L’auteur de polars Jean-François Vilar est mort le 16 novembre à 67 ans des suites d’un cancer,  a annoncé Mediapart ce mardi. «Il est parti en silence et presque en secret, ne souhaitant pas que la nouvelle soit immédiatement connue. C’était un camarade, nous avions fait nos débuts ensemble, à Rouge. C’était surtout un écrivain, de ceux qui ne transigent pas avec la littérature, à la vie, à la mort», écrit dans un hommage son ami, le journaliste Edwy Plenel.

Grand Prix Télérama du roman noir

L’écrivain grandit à Paris et participe au mouvement de mai 1968. Trotskiste, il milite dans les années 1970 au sein de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), avant de devenir journaliste à l’hebdomadaire Rouge.

Il démissionne de Rouge et de la LCR en 1981. Au chômage, il se lance dans l’écriture d’un roman noir: «Je n'ai jamais aimé la littérature policière, ce qui m'intéresse c'est la littérature délinquante», affirmera-t-il.

Il obtient le Grand Prix Télérama du roman noir en 1982 pour sa première œuvre, Ce sont toujours les autres qui meurent, avant d’être publié par Fayard noir, inspiré par Marcel Duchamp.

Polars surréalistes

Ce roman marque les débuts des aventures de Victor Blainville, du nom de la ville de naissance du surréaliste. Son personnage fétiche, qui apparaîtra dans six nouvelles et quelques nouvelles, était un ancien activiste trotskiste, reporter-photographe érudit à France Soir. Des romans où le surréalisme rencontrait l’extrême gauche.

Deux ans plus tard, il publie Passage des singes, puis Etat d’urgence, Bastille Tango, Les exagérés, Les hiboux de Paris… Ses deux ultimes romans  Les Exagérés (1989) et Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués (1993) sont considérés comme des chefs-d’œuvre. Son dernier texte est une tribune concernant l'affaire Richard Millet, parue en 2012, sur le site de Mediapart. Sa mort met le point final au silence qu’il avait choisi pour son œuvre romanesque.