Ceci est le plus beau diamant de l’histoire

PIERRES PRECIEUSES La Galerie de minéralogie et de géologie à Paris rouvre, après dix ans de travaux...

Benjamin Chapon

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Plomb du diamant bleu — MNHN-Bernard Faye

Le plus beau diamant du monde est français. Enfin, indien plutôt. Mais il a été volé. Puis retaillé. Et maintenant il est aux Etats-Unis… La réouverture de la Galerie de minéralogie et de géologie, à Paris (5e), est l’occasion de redécouvrir l’histoire du fameux Grand diamant bleu de Louis XIV. Plus gros diamant jamais découvert, ramené d’Inde en 1668, il fut taillé par le joaillier du roi Louis XIV. Volé en 1792, il est réapparu, après une longue enquête réalisée en 2008, au Smithsonian Museum de Washington, sous le nom de Hope Diamond.

Il aurait été naturel que ce joyau, originellement de 69 carats, soit présenté à la Galerie de minéralogie du muséum national d’Histoire naturelle. Ce n’est finalement «que» son moulage en plomb et sa réplique en zircone bleue (matériau imitant le diamant) que les visiteurs pourront découvrir parmi les 600 minéraux et météorites exposés.

C’est précisément ce moulage en plomb du XVIIIe siècle, découvert par hasard lors d’un recollement, qui a permis au minéralogiste François Fargues de mener l’enquête jusqu’au diamant du Smithsonian. De même, sa reproduction permet de découvrir la taille originelle du diamant. 

600 spécimens exposés

Evidemment, le reste de la collection de la galerie est passionnant. Parmi les 460.000 spécimens conservés dans les collections de minéralogie du Muséum d’histoire naturelle, 600 sont exposés dans une toute nouvelle scénographie intitulée Les trésors de la Terre. Après dix ans de travaux, entrecoupés d'ouverture temporaires, une première grande salle a été rénovée. On y découvre les pierres, roches et cristaux les plus fameux. «C'est un peu le meilleur de notre collection, explique Gian Carlo Parodi, minéralogiste. Le diamant bleu n'est pas le clou de notre collection. Il y a le saphir bleu de Louis XIV, les cristaux géants, les météorites...»

En attendant une hypothétique réouverture des autres salles de la galerie de minéralogie, les chercheurs du muséum ont fait un choix cornélien parmi leurs collections. «Il fallait prendre les spécimens les plus représentatifs de la variété des collections mais aussi les plus beaux parce que la beauté aide la pédagogie», précise Gian Carlo Parodi.

Des acquisitions à venir

Réclamée depuis des années par les publics, notamment scolaires, la réouverture de la galerie se double d'une opération de financement participatif sur My Major Company pour aider le Muséum à acquérir trois minéraux qui seront exposés par la suite.

Quant aux futurs objets célestes, il faudra se montrer patient: «Le muséum participe, avec son laboratoire de cosmochimie, à l'étude d'échantillons de roches martiennes récoltés par le robot Curiosity, explique Gian Carlo Parodi. Mais, hélas, il ne va pas les ramener sur Terre.» La déjà très complète collection de météorites devra donc attendre que de nouvelles roches intersidérales tombent sur notre planète pour espérer s'enrichir encore un peu.