L'art de la récup emballe le Grand Palais

EXPO Niki de Saint Phalle, Yves Klein, Jean Tinguely, Arman ou encore César... Ces artistes sont connus individuellement...

Jeanne Dréan

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Niki de Saint Phalle, Yves Klein, Jean Tinguely, Arman ou encore César... Ces artistes sont connus individuellement, mais on sait moins qu'emmenés par le critique d'art Pierre Restany,  ils ont formé entre 1958  et 1969 un courant  révolutionnaire : le Nouveau Réalisme. A travers 180 pièces, vives et colorées, l'exposition qui se tient jusqu'au 2 juillet au Grand Palais (Paris 8e) revient sur  ce mouvement clé de l'histoire de l'art. Alors que le pop art triomphe à la même époque aux Etats-Unis, le Nouveau Réalisme donne un coup de vieux à l'abstraction qui domine alors la scène artistique française.Restes de repas pour Spoerri, compressions de voitures pour César, lacération d'affiches pour Hains et Villeglé, accumulation d'escarpins ou de cadrans de montres pour Arman... Ces descendants des dada ont intégré des objets symboles du quotidien, plébiscité les matériaux industriels et utilisé toutes les innovations offertes par la société de consommation (comme le néon ou le plastique), pour mieux la dénoncer et l'exorciser avec une certaine drôlerie. Daniel Spoerri reste sans doute le meilleur représentant de cette approche iconoclaste et loufoque. Sa collection  de pièges à rats est intitulée Le Bonheur de ce monde (1960-1971) et sa poupée aux yeux crevés par des ciseaux : Ça crève les yeux que ça crève les yeux (1966). La provocation à tous crins qui caractérisait les nouveaux réalistes est peut-être aujourd'hui un peu dépassée, mais leur radicalité formelle a ouvert la voie aux installations  et performances de nos artistes contemporains.