Indochine et Etienne Daho partent en live

MUSIQUE A une semaine d'intervalle deux idoles de la chanson française sortent leurs albums live, Etienne Daho avec «Diskönoir» et le groupe Indochine avec «Black City Tour»...

Joel Metreau

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Etienne Daho et Nicolas Sirkis, leader de Indochine.
Etienne Daho et Nicolas Sirkis, leader de Indochine. — Gassian / DR

Deux fringants quinquagénaires français sortent leur live. La semaine passée, c'était Etienne Daho, 58 ans, avec Diskönoir. Ce lundi, c'est Nicolas Sirkis, 55 ans, à la tête du groupe Indochine, avec Black City Tour. Mais ce sont deux approches différentes de la captation de concerts.

  • Le plus grandiose: Indochine

A l'image de la photo noir et blanc de couverture - Etienne Daho comme en pleine rêverie -, Diskönoir se veut intimiste. La sortie de son dernier album Les chansons de l'Inocence retrouvée avait été repoussée après de graves ennuis de santé. Diskönoir marque le retour attendu du chanteur sur scène. Ce live a été enregistré entre le 1er et le 8 juillet, dans les salles parisiennes de la Cité de la musique et de Pleyel, à Paris.

«Ce soir, ça va être historique, pour vous, on filme ici ce soir, merci pour votre accueil», s'exclame Nicolas Sirkis avant d'interpréter Atomic Sky. Et oui, car son live sort conjointement en DVD. Black City Tour célèbre une tournée marathon entamée fin 2013, avec comme point d’orgue, deux concerts au Stade de France, à Paris, les 27 et 28 juin derniers.

  • Le plus soutenu: Indochine

Sur le live d'Indochine, le public apparaît comme un membre à part entière du groupe. On l’entend reprendre quasiment tous les morceaux, comme ce J'ai demandé à la lune chanté a cappella par la foule. «Putain de chœur Bruxelles, putain de chœur, merci beaucoup», hurle Nicolas Sirkis sur Mao Boy. Des spectateurs qu’on entend aussi copieusement siffler un portrait de Christine Boutin et les propos d’une militante anti-mariage pour tous, avant College Boy. De son côté, Etienne Daho doit crier: «Ne vous laissez pas impressionner par la salle Pleyel, levez-vous!», ce qui en dit long sur la ferveur du public...

  • Le plus reconnaissant: Etienne Daho

Nicolas Sirkis se contente de présenter le membre d'Indochine, Oli de Sat au piano, sur Mao Boy. Etienne Daho, lui, remercie chacun de ses musiciens en les nommant un à un. Et même s'il ne chante pas Comme un boomerang en duo avec elle sur Diskönoir, il rend hommage à Dani. Lescop, François Marry (du groupe François & the Atlas Mountainset Dominique A figurent aussi parmi les chanteurs invités à se produire dans le cadre du live.

  • Le plus bavard: ex-aequo

Entre les harangues à la foule et les anecdotes, Indochine et Etienne Daho font jeu ex-aequo. «Vous voulez sauter?»,«Pour tous les garçons qui aiment les garçons, pour toutes les filles qui aiment les filles», «Ce morceau est pour vous, merci beaucoup»... Sirkis n'a pas la langue dans sa poche. Etienne Daho pour sa part se livre à des confidences sur Jacno, sur son travail avec Dominique A, qui a écrit le très beau En surface et il raconte comment Le Grand Sommeil est une de ses chansons «fétiches».

  • Le plus nostalgique: Etienne Daho

Diskönoir retient finalement peu de chansons extraites de son dernier album Les Chansons de l’innocence retrouvée. Priorité est donnée aux tubes comme Epaule Tattoo, Tombé pour la France ou encore Un Grand Sommeil, tous interprétés de manière plus électrique que pop. Sur le live d’Indochine, Tes yeux noirs, Trois nuits par semaine et L’Aventurier font souffler le vent des années 1980, tout comme Canary Bay et Troisième sexe inclus dans le medley Black City Club. Un medley de presque 18 minutes... Mais comme le live dure 2h40, on peut se permettre...