Luxure, paresse, envie... Les sept péchés capitaux de Jeff Koons

ARTS A l’occasion de la rétrospective que lui consacre le Centre Pompidou, 20 Minutes fait le procès de l’artiste américain Jeff Koons…

Benjamin Chapon

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Vue de l'exposition Jeff Koons au centre Pompidou à Paris Lancer le diaporama
Vue de l'exposition Jeff Koons au centre Pompidou à Paris — GINIES/SIPA

Impossible d’échapper à son œuvre, qui envahit Paris pour plusieurs mois au Centre Pompidou. Jeff Koons, artiste le plus cher du monde et ex-mari d’une star de films X, est régulièrement accusé de tous les maux. 20 Minutes dresse le bilan de son âme d’artiste pop.

Paresse

Comme beaucoup d’artistes de sa génération, Jeff Koons travaille avec des maîtres d’œuvre. Ses créations géantes, qui nécessitent souvent de relever un défi technologie, il ne les fabrique pas de ses blanches mains manucurées. Son atelier new-yorkais emploie ainsi une centaine de personnes.

Orgueil

Dès ses débuts, Jeff Koons affirmait être «the new» artiste. N’hésitant pas à se mettre en scène, il porte haut un discours de renouveau de l’art figuratif. Concernant la rétrospective de ses œuvres qui passe par le Centre Pompidou, il affirme: «mon œuvre a mûri, je pense que c’est peut-être le moment d’avoir ce dialogue avec le public.»

Gourmandise

De tous les vernissages ou événements mondains où on a pu le voir, Jeff Koons n’a jamais touché une coupe de champagne et encore moins un petit four. S’il est gourmand, c’est un gourmand honteux qui se cache.

L'artiste américain Jeff Koons aux côtés de son "Balloon dog" lors d'une exposition à Bâle le 11 mai 2012 - Fabrice Coffrini AFP

Luxure

Même si ce n’est pas l’essentiel de son œuvre, Jeff Koons a réalisé quelques photographies licencieuses le mettant en scène avec son ex-femme, la Cicciolina, ex-actrice de films pornographiques. Au-delà de ses photos de coït en gros plan, certains accusent Jeff Koons de créer une œuvre laide et sans pudeur.

Vue de l'exposition Jeff Koons au centre Pompidou à Paris - GINIES/SIPA

Avarice

Avec environ 200 sculptures en 35 ans, sa production est «petite». Si Jeff Koons est avare, c’est en nombre d’œuvre réalisée. En revanche, il ne ménage pas sa peine pour atteindre son idée de la perfection. «Il s’est déjà mis en faillite personnelle en annulant une exposition. Il considérait que les œuvres n’étaient pas finies, explique Bernard Blistène, commissaire de l’exposition au Centre Pompidou. Jeff Koons ne saurait vendre une marchandise qui ne témoigne pas du respect à sa clientèle.» Cette méthode de travail méticuleuse, presque maniaque, justifie aux yeux de certains les dizaines de millions de dollars que coûte chacune de ses œuvres.

Colère

Même très violemment attaqué, Jeff Koons reste de marbre et ne se départit jamais de son sourire ni de sa politesse. L’artiste semble lisse, comme ses œuvres. Toutefois, Bernard Blistène note chez lui «une violence du lisse qui accompagne le sentiment qu’on ne peut rien pénétrer. Son œuvre est sans faille.»

Envie

Que peut encore souhaiter Jeff Koons? Toujours plus. Il a toujours envie. Lors de l’inauguration de la Fondation Vuitton à Paris, il expliquait: «Je vais essayer de repousser mes limites sur le temps qui me reste, peut-être 30 ou 40 ans. Picasso est le meilleur exemple du fait que je peux, jusqu’à 90 ans, mener une vie qui soit riche, qui soit pleine.

Pour sa pénitence, Jeff Koons traîne une réputation d’artiste diabolique. Celle-là même qui lui vaut d’être également l’artiste le plus cher de l’histoire. D’un certain point de vue, l’image d’artiste mondain nuit à la lecture de son œuvre. Pour d’autres, le personnage d’artiste qu’il s’est construit, comme Dali, Warhol ou Picasso avant lui, en fait partie intégrante.