«Far Cry 4»: Des œuvres du street artiste français C215 à dénicher dans les montagnes

STREET ART La direction artistique «Far Cry 4» a demandé au Français C215 de réaliser des oeuvres pour les disséminer dans le jeu vidéo...

Joel Metreau

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Une oeuvre du street artiste français C215 dans Far Cry 4. Lancer le diaporama
Une oeuvre du street artiste français C215 dans Far Cry 4. — Ubisoft

Ce sont deux belles collaborations extérieures auxquelles Ubisoft Montréal a fait appel pour son jeu Far Cry 4. D'abord celle de l'Américain Cliff Martinez. Habitué à composer des musiques de film (Traffic, Solaris, Drive...), cet ancien membre de Red Hot Chili Peppers a signé la bande originale du jeu. On reconnaît sa griffe, des morceaux planants, très ambiant

Un pochoiriste globe-trotter

Pour un autre artiste, c'est aussi un premier pas dans le jeu vidéo. On a plutôt l'habitude de voir les œuvres de Christian Guémy, alias «C215», dans les villes, comme en France à Vitry, à Paris, dans l'ancien club des Bains Douches, ou dans feu la Tour 13. A l'étranger, ses pochoirs multicolores ornent des murs de Lagos, de Milan, d'Oslo, de Dakar, de Port-au-Prince... Et pour la première fois, ils sont visibles dans un monde de pixels, dans le territoire imaginaire de Kyrat, aux confins de l'Asie.

Une oeuvre du street artiste français C215 dans Far Cry 4. - Ubisoft

«L’occasion de rencontrer un nouveau public»

Né en 1973, C215 n'est pas un gamer, pourtant Ubisoft Montréal est venu toquer à sa porte. «Par visioconférence, l’équipe de direction artistique a fait une présentation de mon travail en m’expliquant pourquoi je devais bosser avec eux», confie l'artiste à 20 Minutes. Les créateurs lui montrent des photos d'œuvres qu’il avait réalisées à New Delhi, en Inde en 2008: des couleurs fortes, des animaux...

Et il se laisse convaincre. «Ça ne dénaturait pas mon travail, c'était une expérience intéressante et l’occasion de rencontrer un nouveau public.» Même si les sentiers de Far Cry 4 seront empruntés par des millions de joueurs, la plupart pourrait passer à côté de son travail. Pas dupe, il concède: «Pour le reconnaître, il faut déjà qu'ils s’intéressent au street art.  Et puis, c’est juste un des nombreux aspects du jeu, dans un monde immense.»

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Pour le jeu, il réalise ainsi seize pochoirs, dont certains, comme un tigre et un yak lui demandent jusqu'à dix jours de travail. «Mais ils ne m'ont pas mis la pression et ils ont été cools sur les délais», se souvient C215. Ubisoft Montréal s'est chargé de l'implantation des œuvres dans le jeu, en respectant l'échelle indiquée par l'artiste. «C’est plutôt réussi. Un seul n’est pas réaliste, car sur un gros rocher. Pour le reste, le placement est comme j’aurais souhaité qu’il soit réalisé. C'est-à-dire à hauteur d’homme.» Comme si l'artiste s'était vraiment promené avant l'ouverture de ce monde à explorer.