Scènes téléphonées

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Jean-Baptise Maunier aux prises avec un téléphone maudit dans le film "Hellphone"
Jean-Baptise Maunier aux prises avec un téléphone maudit dans le film "Hellphone" — Studio Canal
«Hellphone», réalisé par James Huth, sort aujourd’hui dans les salles. Le personnage principal du film n’est autre qu’un téléphone satanique, capable de manipuler et de tuer, comme l’indique le titre du film. Mais «Hellphone» n’est pas le premier film à mettre un téléphone sur le devant de la scène. Crise d’angoisse au bout du fil, scènes amoureuses téléphonées: petite liste cinématographique de scènes où nos portables jouent un rôle majeur.

1996
«Un beau jour», de Michael Hoffman
Les deux personnages incarnés par George Clooney et Michelle Pfeiffer échangent leurs mobiles (des modèles mammouths qui font machine à laver en option), par inadvertance dans un taxi et passent le restant du film à se chercher, d’abord pour récupérer leurs dits téléphones, ensuite pour se courir après tout court. Pour éviter l’écueil du téléphone au design ringard, c’est un graphiste qui a dessiné le portable-héros d’«Hellphone», un modèle non commercialisé donc. «On savait qu'entre le tournage et la sortie de Hellboy de nouveaux modèles seraient apparus», explique James Huth.

«Denise au téléphone», d’Hal Salwen
Portrait de New-Yorkais célibataires à la fin des années 90 qui bavassent au téléphone plus qu’ils ne vivent. Le recours au coup de fil est systématique, même (et surtout) quand les interlocuteurs sont à deux mètres les uns des autres.

1997
«Scream», de Wes Craven

La scène d’ouverture de ce film d’horreur est devenue culte: on voit Drew Barrymore seule dans une grande maison, téléphone calé à l’oreille avec un inconnu. Au départ, la discussion a des allures de gentil flirt («Dites moi qui vous êtes, je vous dirai qui je suis», dit la voix au bout du fil), puis c’est l’escalade: «Ecoute moi bien petite salope, si tu raccroches encore une fois, je te saigne comme une truie», articule la voix. Mais «qu’est-ce que vous me voulez?», larmoie la fille au bord de la crise de nerfs, mains crispés sur son combiné. «Voir la couleur de tes tripes», répond la voix. A partir de là, on enchaîne sur une séquence ultra angoissante de poursuite et de coups de couteau mal placés.

2004
«Cellular», de David R. Ellis
Kidnappée, Kim Basinger bricole depuis son cachot une ligne téléphonique pour appeler au secours. Elle tombe sur le portable d'un plagiste et compte sur lui pour la sauver. Seulement, il ne faut surtout pas couper la communication car il n’est pas certain que la prisonnière puisse appeler de nouveau. Tous les problèmes téléphonico-existencielles de notre société sont passés en revue: quid quand le téléphone n’a plus de batterie, quand il y a de la friture sur la ligne ou quand le portable nous glisse des mains et se fracasse, écran contre terre?

2005
«Be with me», d’Eric Khoo
En Asie (le réalisateur est originaire de Singapour), l’amour se clame par texto. Les messages envoyés en deux-trois tapotements de clavier pour dire sa passion fusent. Dès que le téléphone ne vibre plus à l’annonce d’un nouveau message, c’est que le lien est rompu entre les deux amants. Dans la bande-annonce du film, vous ne verrez aucun téléphone. Un tour de force quand on voit en longueur l’héroïne dormir avec, le couver comme une mère et, finalement, vibrer aux sons de son portable...