«Assassin’s Creed Unity»: «Ce n'est pas un jeu sur la Révolution française, mais sur un dilemme»

JEU VIDEO Antoine Vimal du Monteil, producteur d'«Assassin’s Creed Unity», raconte comment le jeu d’Ubisoft a été créé et pourquoi avoir choisi Paris...

Joel Metreau

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Notre-Dame de Paris dans Assassin's Creed Unity. Lancer le diaporama
Notre-Dame de Paris dans Assassin's Creed Unity. — Ubisoft

A l'occasion de la sortie de Assassin’s Creed Unity ce jeudi sur PS4, Xbox One et PC, son producteur Antoine Vimal du Monteil, chez Ubisoft, livre quelques détails sur la genèse de ce jeu vidéo.

Pourquoi avoir choisi Paris comme décor? Et pourquoi pas plus tôt?

D'abord, Paris, c’est une des villes les plus visitées sur la planète, tout le monde la connaît. Par ailleurs, ce n’est pas la même équipe qui fait Assassin’s Creed chaque année. On est plusieurs groupes à travailler en parallèle. Chez Ubisoft, on a un plan à cinq ans pour la marque Assassin's Creed. Le projet Unity a commencé il y a quatre ans, à la fin de l'épisode Brotherhood. On a pris aussi le temps pour Paris car Unity était le premier jeu destiné à être sur PC et consoles nouvelles génération.

Qu'est-ce que cela change de produire pour ces consoles?

Nous avions des ambitions élevées, d'abord en termes graphiques: le jeu devait contenir suffisamment de finesse, de lumière et de densité, afin de reproduire une version de Paris fidèle à la réalité. Car on est sur une échelle proche de la réalité... Mais notre ambition concernait aussi l'expérience pour le joueur. Il fallait que tout soit intégré, de manière fluide: campagne solo, activités de monde ouvert, missions en coopération et companion app.

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Comment la ville a-t-elle été rendue si vivante ?

Grâce à la modularité, une technique de production qui consiste à déterminer les origines de l’architecture parisienne: classique, médiévale, pré-haussmannienne. A partir de là, on construit des kits, avec des chambranles, des portes, des fenêtres, des types de toits différents... Pour chacune de ces périodes, on a des kits uniques. Du coup, on n'a pas l’impression de voir des bâtiments qui ont été répliqués.

Une seule personne chez Ubisoft a-t-elle vraiment passé plusieurs mois sur Notre-Dame de Paris?

Oui, c’est vrai. Caroline Miousse a passé 14 mois de recherche et de modélisation. Notre-Dame, c’est le monument le plus emblématique de Paris. Pour les monuments, on retrouve aussi la Bastille, qui n’existe plus, l’Hôtel de ville, qui n’est plus le même que celui d’aujourd’hui, car reconstruit après un incendie...

A l'intérieur de Notre-Dame de Paris dans Assassin's Creed Unity. - Ubisoft

 

La Révolution française est historiquement très complexe. Comment vouliez-vous montrer cette période?

Ce n’est pas un jeu sur la Révolution française, mais elle sert de toile de fond à un dilemme cornélien. Le héros Arno est amoureux d’Elise, une Templière. Il est tiraillé entre l’amour et son devoir d’assassin. LA Révolution française est une période très documentée, on a utilisé des personnages historiques quand ils ont des trous dans leur biographie. Comme l'origine incertaine de la mâchoire fracassée de Robespierre, avant qu'il ne soit guillotiné. Mais à plusieurs étapes du jeu, il est vérifié par des historiens.

Elise, un personnage principal de Assassin's Creed Unity. - Ubisoft

 

On a reproché à Ubisoft de ne pas inclure de personnages féminins jouables dans Unity...

Pour Ubisoft, la diversité est importante. On le voit dans nos jeux avec les héros Altaïr, Connor, Aveline et là, dans Unity, avec Elise, un personnage très important dans l’histoire.