Pourquoi Pink Floyd est le groupe le plus surestimé du monde

MUSIQUE Le légendaire groupe sort son 15eme et dernier album, «The Endless River»…

Benjamin Chapon

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Pochette du nouvel album de Pink Floyd, The Endless River
Pochette du nouvel album de Pink Floyd, The Endless River — AP/SIPA

Culte. Mythique. Légendaire. Pink Floyd est le groupe en «activité» ayant écoulé le plus d’albums. Le seul Dark Side of the Moon est l’un des albums les plus vendus de l’histoire pas très loin derrière Thriller de Michael Jackson. Vingt ans après leur dernier album, les survivants du groupe ont décidé de faire un dernier tour de piste en enregistrant The Endless River. Pourtant, il n’y a aucune raison de s’émouvoir. Car Pink Floyd est le groupe le plus surestimé au monde. Et ce pour cinq raisons de parfaite mauvaise foi.

1. La longueur, ça ne fait pas tout

Atom Heart Mother, pièce maîtresse de l’album du même nom, dure 23 minutes et 39 secondes. Dur. Vraiment. Au cours de sa carrière, Pink Floyd s’est fait une spécialité de ces interminables morceaux psychédéliques. A leur décharge, la longueur était à la mode dans les années 1970. Mais à l’inverse de Led Zeppelin avec Stairway to Heaven ou le Good Vibrations des Beach Boys, les Pink Floyd se complaisent dans les longs mélanges de textures sonores à la structure indéchiffrable.

2. Les clips arty, ça vieillit mal

Pour se tailler la réputation d’un groupe tourné vers les médias d’avenir, Pink Floyd a toujours soigné son image. Ce qui nous a valu quelques clips certes révolutionnaires en leur temps mais parfaitement  ringards aujourd’hui. La terrifiante vidéo de Another Brick in The Wall arrive forcément en tête. Mais l’horripilant Money trouve le moyen d’être encore plus anxiogène.

3. Un nom mystérieux devient vite un nom ridicule

A l’origine du nom Pink Floyd, il y a un malentendu. Certains fans français croient encore que le nom signifie «flamand rose». En réalité, Pink Floyd ne signifie rien. Syd Barrett a longtemps laissé courir la rumeur d’un nom qui lui serait venu soit lors d’un trip d’acide, soit sur les conseils d’extra-terrestres venus le visiter. En réalité, il s’agit d’une référence à deux musiciens de blues adulés par Barrett, Pinkney Anderson et Floyd Council. Ce qui pourrait être plutôt classe si Pink Floyd était un groupe de blues. Ce qu’il n’est pas.

4. La mesquinerie des guerres d’egos

La légende de Pink Floyd s’est largement nourrie des dissensions homériques qui ont agité le groupe. Trahisons, licenciements et guerres d’ego ont nourri la chronique jusqu’au récent rabibochage des membres survivants du groupe (sauf Roger Waters) pour d’évidentes raisons économiques. Led Zeppelin, The Pixies ou d’autres ont cédé à la même tentation. Rien de grave en soi, mais ça tue quand même un peu la rock’n’roll credibility.

5. Ils ont inventé le genre musical le plus exaspérant du XXème siècle

Inventeurs du rock progressif, Pink Floyd est, par son succès planétaire, directement responsable de l’émergence de groupes infiniment moins doués qu’eux qui ont pollué les années 1980 à coups de nappes de synthé sans fin. Plus grave encore, leurs fans excessivement prosélytes imposent plus souvent qu’à leur tour dans les soirées les exploits discographiques de leurs idoles.

Et sinon, l’album?

Composé de la resucée de vieux morceaux jamais exploités, The Endless River ne surprendra pas les fans. Les longs morceaux presque sans parole sont assez difficiles d'accès mais plutôt réussis malgré leur statut de rebuts du précédent album. L'élégance de l'ensemble et la richesse mélodique comme toujours à l'oeuvre chez Pink Floyd suffisent à rendre un brin nostalgiques. L'album sera le dernier album du groupe.