VIDEO. L’Opéra Comique fête ses 300 ans

ANNIVERSAIRE Un grand gala célébrera jeudi le tricentenaire de l’Opéra Comique à Paris…

A.C. avec AFP
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La Salle Favart de l'Opéra Comique
La Salle Favart de l'Opéra Comique — Hale / Sipa

L'Opéra Comique, berceau de Carmen de Bizet, célèbre ses 300 ans en beauté, avec un gala jeudi réunissant la fine fleur du chant français. L'Opéra Comique est né en 1714 à la fin du règne de Louis XIV: c'est une des trois plus anciennes institutions théâtrales françaises avec l'Opéra de Paris et la Comédie-Française.

Bizet y a créé Carmen, un flop à l'époque mais l'opéra le plus joué au monde aujourd'hui, Offenbach ses Contes d'Hoffmann et Léo Delibes sa  Lakmé.

La maison attirait le Tout-Paris au 19e siècle avec ses «opéras-comiques», un genre pas forcément comique mais qui désigne une oeuvre alternant morceaux chantés et théâtre parlé. L'opéra comique, né dans les foires parisiennes, loin des fastes de Versailles, décroche salle Favart ses lettres de noblesse. Il plaît aux Parisiens avides d'esprit satirique et de légèreté.

Sous la troisième République, l'Opéra Comique domine la création musicale et exporte ses créations dans toute l'Europe. Y sont créés des chefs d'oeuvre du répertoire comme Manon de Jules Massenet (1884), Pelléas et Mélisande de Claude Debussy (1902),  L'Heure espagnole de Maurice Ravel (1911)...

Un déclin au cours du 20ème siècle puis un renouveau

L'Opéra Comique entame un long déclin au 20 siècle, il est même absorbé par l'Opéra de Paris en 1939. La Salle Favart ne retrouve son autonomie qu'en 1971. Mais en 1987, la recréation d'Atys de Lully marque le renouveau du baroque, désormais associé à la Salle Favart.

Depuis 2007, Jérôme Deschamps s'attache à dépoussiérer le répertoire français oublié de la maison, tout en conservant la touche baroque et en montant des créations contemporaines.

Ravagée par plusieurs incendies, sans cesse reconstruite, la Salle Favart doit de nouveau connaître l'an prochain de très lourds travaux et fermera une saison complète, juste après les festivités du tricentenaire.

Deux expositions restitueront son histoire en 2015, au Centre national du costume de scène de Moulins (7 février au 25 mai) et au Petit Palais (18 mars - 28 juin).

Le coup d'envoi des festivités du tricentenaire est donné jeudi soir avec un gala qui retrace les grandes heures de la maison avec des extraits d'oeuvres emblématiques, de Carmen à  La Voix humaine de Poulenc (1959).

La maison a exhumé ces dernières années un délicieux répertoire d'opérettes comme  Ciboulette de Reynaldo Hahn (repris en avril-mai) tout en honorant ses grands classiques, comme la délicate Lakmé chantée par Sabine Devieilhe en janvier.

La jeune soprano au timbre cristallin reprendra avec Frédéric Antoun deux airs de Lakmé, Julie Fuchs entonnera un extrait de l'hilarante  Fille du régiment  de Donizetti, Anna Caterina Antonacci interprètera la fameuse Habanera de Carmen et Patricia Petibon deux airs de Manon de Massenet.

Le talent comique de Michel Fau et de Jérôme Deschamps saura s'exercer pendant ce gala dont ils sont les maîtres de cérémonie.

La soirée affiche d'ores et déjà complet mais une diffusion en direct est prévue sur France Musique et Arte Concert jeudi à 20h et  pendant les fêtes, le 28 décembre sur la chaîne de télévision franco-allemande.

L’Opéra Comique sait aussi embrasser la modernité: un live-tweet est mis en place pour la soirée avec le hashtag #galaOC.