Deezer, Spotify...: Que touchent les artistes sur un abonnement de 9,99 euros?

MUSIQUE L'Adami, le principal gestionnaire des droits des artistes et musiciens interprètes, a de nouveau dénoncé lundi, avec une pleine page dans «Le Monde», un «partage inéquitable» des revenus issus de l'écoute en streaming...

A.L. avec AFP

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Deezer et Spotify, plateformes de streaming.
Deezer et Spotify, plateformes de streaming. — PHOTOMONTAGE/20MINUTES.FR

De quoi conforter Taylor Swift dans sa position? Selon des calculs effectués par l'Adami, le principal gestionnaire des droits des artistes et musiciens interprètes, sur un abonnement standard de 9,99 euros par mois payé par un internaute pour écouter de la musique en ligne, les artistes ne touchent que 0,46 euro, à se répartir entre les artistes écoutés. Sur ces mêmes 9,99 euros, 6,54 euros vont aux «intermédiaires» (producteurs et plateformes de streaming), selon l'Adami (avec en outre 1 euro pour le droit d'auteur et 1,99 euro de TVA).

>> A qui profite le streaming?

Le contrat traditionnel entre artiste et producteur inadapté au streaming

«Il est inconcevable qu'au titre du streaming musical, le talent de l'artiste génère 22 fois plus qu'il ne lui rapporte», s'insurge la société de gestion dans un communiqué, ajoutant que «depuis 2008, de nombreux rapports jugent que le partage de la valeur est inéquitable et que le contrat traditionnel entre artiste et producteur n'est pas adapté au streaming».

Un projet de loi sur la liberté de création début 2015 

L'Adami s'est ainsi offert une page dans le quotidien Le Monde daté de mardi pour interpeller la ministre de la Culture en vue du projet de loi sur la liberté de création promis pour le premier semestre 2015. «On souhaite maintenir le débat alors que des arbitrages sont en cours. On attend des dispositifs qui régulent la rémunération des artistes», a indiqué Benjamin Sauzay, directeur des affaires institutionnelles de l'Adami.

Le streaming, seul voyant au vert dans l'industrie du disque 

Dans le secteur du disque, en crise depuis le début des années 2000, le streaming constitue un fragile motif d'espoir pour les producteurs. En France, pour la première fois, les revenus issus du streaming ont dépassé ceux générés par le téléchargement au premier semestre 2014, selon un bilan présenté en septembre par le Snep, principal syndicat de producteurs de disque.