Yannick Lahens, écrivaine haïtienne, lors du tournage de l'émission de France 5 «La Grande Librairie», le 13 juin 2013.
Yannick Lahens, écrivaine haïtienne, lors du tournage de l'émission de France 5 «La Grande Librairie», le 13 juin 2013. — BALTEL/SIPA

LITTERATURE

Le prix Femina décerné à l'Haïtienne Yanick Lahens pour «Bain de lune»

Les dames du Femina ont proclamé ce lundi midi les lauréats de leurs prix français et étranger, convoités chacun par cinq finalistes…

Le prix Femina 2014 a été décerné ce lundi midi à l’ Haïtienne Yanick Lahens pour son livre Bain de lune, roman d'une violente beauté sur son pays, traversé par la destruction, l'opportunisme politique, les familles déchirées mais aussi les mots magiques des paysans qui se fient aux puissances souterraines.

Après l'annonce tant attendue, les journalistes se sont rués sur l'écrivaine ce lundi midi au Cercle Interallié, rue du faubourg Saint-Honoré, comme le montre un journaliste de RTL sur Twitter:

«Je suis très contente. La reconnaissance fait du bien et je suis surtout sensible au fait que le jury a compris que cette histoire, si elle se passe en Haïti, est universelle», a déclaré la lauréate, grande figure de la littérature haïtienne et engagée dans le développement social et culturel de son pays. «C'est une suprise, je viens de loin et j'habite très, très loin du monde de l'édition parisien. Ce livre et ce prix sont aussi une preuve que la culture haïtienne est très forte et le roman montre à quel point en Haïti nous savons toujours nous relever des épreuves», a-t-elle ajouté. Yanick Lahens a été choisie au 2e tour par six voix contre quatre à Marie-Hélène Lafon pour Joseph.

«Nous sommes enchantés de pouvoir récompenser enfin des efforts remarquables d'un petit éditeur Sabine Wespieser», a souligné Christine Jordis, membre et porte-parole du jury. «C'est un beau roman très ample qui a le sens du mystère et de l'invisible et qui nous sort de notre horizon habituel (...) L'auteure a une grande imagination, elle évoque ses ancêtres disparus qui ont toujours une influence très forte sur les vivants», a-t-elle poursuivi.

«Les lecteurs français font très attention au style»

Le prix Femina étranger est revenu à l'Israélienne Zeruya Shalev pour Ce qui reste de nos vies, une envoûtante variation, au soir de la vie d'une mère, sur les mystérieux liens tissés entre parents et enfants. «C'est comme un rêve, je suis tellement contente d'avoir ce prix», a réagi l'écrivain. «Je pense que les lecteurs français font très attention au style, ce qui est très important pour moi.»

L'historien de la Rome antique Paul Veyne a par ailleurs remporté le prix Femina de l'Essai pour l'attachant livre de souvenirs Et dans l'éternité je ne m'ennuierai pas (Albin Michel).

Jury exclusivement féminin

En 2013, le prix avait été attribué à la Camerounaise Leonora Miano pour La saison de l'ombre (Grasset) et, côté étranger, à l'Américain Richard Ford pour Canada (L'Olivier). 

Le Femina récompense «une œuvre de langue française écrite en prose ou en poésie». Le jury est exclusivement féminin. Le prix a été créé en 1904 par 22 femmes d’un magazine aujourd’hui disparu (La Vie heureuse). Leur objectif était de proposer une alternative au prix Goncourt, qui ne couronnait à l’époque que des hommes.